Dans le camp de Grande-Synthe, le 20 août 2021. Afghans, Irakiens, Kurdes, Iraniens et Pakistanais y vivent, parfois depuis de longs mois. Crédit : Louis Witter pour InfoMigrants.
Dans le camp de Grande-Synthe, le 20 août 2021. Afghans, Irakiens, Kurdes, Iraniens et Pakistanais y vivent, parfois depuis de longs mois. Crédit : Louis Witter pour InfoMigrants.

Deux migrants kurdes ont été blessés par armes à feu, mercredi soir, à Grande-Synthe, dans le nord de la France. Leur pronostic vital n'est pas engagé. Selon une source policière, l'incident serait lié à une "guerre de territoire".

Deux migrants ont été "légèrement" blessés par balle à Grande-Synthe, mercredi 27 octobre, dans la soirée, à proximité d'un campement de migrants, a déclaré l’association Utopia 56, contactée par InfoMigrants.

La préfecture du Nord a confirmé que les secours avaient été "sollicités pour deux blessés par balle, sans pronostic vital engagé", sans plus de précisions. "Une enquête judiciaire est en cours", a-t-elle ajouté.

Les faits sont encore flous. "Notre équipe a vu deux personnes s’avancer vers eux, sur le parking d’Auchan", qui se trouve non loin d’un campement, a expliqué Anna Richel, coordinatrice de l’association d’aide aux migrants dans la ville. "On n’en sait pas beaucoup plus, on sait que les tirs ont blessé les deux personnes au niveau des jambes. L'un des ambulanciers a dit qu’il pourrait s’agir de plomb".

Selon Utopia 56, les deux blessés sont des Kurdes. Ils ont été emmenés au centre hospitalier de Dunkerque.

"Guerre de territoire"

Une source policière a précisé que ces blessures faisaient suite à une "guerre de territoire" entre passeurs. D'après elle, un migrant "s'est pris trois balles, l'autre une".

>> À relire : Migrant irakien blessé par balles à Grande-Synthe : "Il y a toujours eu des armes parmi les passeurs"

Utopia 56 n’a pas avancé d’explication à cet incident mais a précisé que les fusillades restaient "rares" dans la région. "Il y a eu une personne blessée par arme à la fin de l’été, à Grande-Synthe. C’était en pleine journée. On a appelé les secours".

Pour les associations présentes sur le littoral français, la misère engendrée par l'existence de campements insalubres et la politique de démantèlements systématiques, explique en grande partie ces violences. "Ces incidents sont créés par la politique de non-accueil en France. Ils font écho aux expulsions de camps, la précarisation de ces personnes, la cohabitation difficile entre migrants", avance encore Anna Richel.

En 2018, à Calais, de violents affrontements par armes entre migrants afghans et africains avaient déjà fait 22 blessés. À l'époque, le ministre de l'Intérieur avait fait le déplacement.

À l'époque, François Guennoc, président de l’association Auberge des migrants, rappelait que la présence d'armes à Calais et à Grande-Synthe était problématique mais qu'elle n'était pas une nouveauté. "Même du temps de la ‘Jungle’, il y avait des armes qui circulaient. Mais elles sont invisibles pour nous. Les passeurs les utilisent pour des opérations d’intimidation, pour mieux asseoir leur autorité face aux migrants", expliquait-il alors.

 

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