Des migrants partant vers le Niger via un vol organisé par l'OIM à l'aéroport de Misrata, en Libye, le 3 novembre 2021. Crédit : Reuters
Des migrants partant vers le Niger via un vol organisé par l'OIM à l'aéroport de Misrata, en Libye, le 3 novembre 2021. Crédit : Reuters

Les premiers vols de retour humanitaire volontaire, partis de Libye, ont atterri au Niger et en Gambie. L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU (HCR) saluent l'autorisation de reprise, obtenue mi-octobre, après un an de suspension. Mais le HCR indique déjà qu'un "nombre limité de personnes" pourra en bénéficier.

Il s'agit d'une première pour le HCR, depuis plus d'un an. Ce vendredi 5 novembre, un vol d'aide au retour humanitaire volontaire en provenance de Libye, comprenant 172 demandeurs d'asile à son bord, a atterri au Niger. Dès le 22 octobre, l'OIM avait conduit une évacuation similaire, afin de rapatrier 127 personnes (dont cinq femmes et cinq enfants) dans la capitale gambienne de Banjul.

La dernière opération de ce type remonte à l'été 2020. Durant la majeure partie de l'année 2021, à cause de la pandémie de coronavirus, ces vols "ont été suspendus par les autorités libyennes, malgré les appels répétés du HCR en faveur de leur reprise", rappelle un article paru sur le site de l'agence onusienne.

C'est seulement à la mi-octobre que le HCR et l'OIM ont reçu l'autorisation de reprise des évacuations. "Une évolution positive pour certains des réfugiés les plus vulnérables qui attendent anxieusement depuis de nombreux mois un départ", avait alors salué Vincent Cochetel, envoyé spécial du HCR pour la situation en Méditerranée occidentale et centrale.

Mais le porte-parole avertissait déjà : "nous devons aussi être réalistes : les vols de réinstallation ou d’évacuation ne profiteront qu’à un nombre limité de personnes". Pour l'heure, 1 000 personnes, considérées comme prioritaires en raison de leur vulnérabilité, sont inscrites sur une liste du HCR.

Or, "plus de 10 000 migrants en Libye ont requis l'aide au retour humanitaire volontaire de l'OIM, et attendent depuis des mois de pouvoir retourner à la maison", souligne de son côté Federico Soda, le chef de mission de l'OIM en Libye.

L'urgence de la situation libyenne

La reprise des ces vols d'aide au retour s'inscrit dans un contexte particulièrement difficile pour les exilés présents sur le sol libyen. Début octobre, Des milliers de personnes ont établi un camp de fortune devant le HCR pour demander leur évacuation de Libye. Leurs conditions de vie sont très précaires.

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Cette installation fait suite à une vague d'arrestations à Tripoli, le mois dernier. Les autorités ont arrêté près de 5 000 migrants dans la capitale. "Ces raids et les arrestations arbitraires menés par les autorités dans des zones largement peuplées de réfugiés et de demandeurs d’asile ont fait plusieurs morts, des milliers de détenus et de nombreux sans-abri et sans ressources", a rappelé le HCR dans un communiqué. Plusieurs organisations internationales avaient appelé à la libération immédiate des personnes.

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Malgré l'urgence de la situation, les autorités libyennes refusaient toujours d'autoriser des vols d'aide au retour. Cette suspension n'a pas été sans conséquences. "Certains pays de réinstallation ont informé le HCR qu’ils ne pouvaient plus recevoir de dossiers de demandeurs d’asile provenant de Libye cette année", précise l'agence.

Cela a pu aussi "compromettre près de 1 000 places par le biais du mécanisme de transit d’urgence, qui offre du répit aux réfugiés et demandeurs d’asile vulnérables qui peuvent se rendre au Rwanda et au Niger en attendant que des alternatives à long terme soient trouvées". Au vu du nombre personnes en attente d'un rapatriement, le HCR a donc "salué l’autorisation de redémarrer les vols d’évacuation humanitaire, mais prévient que cela n’est pas suffisant" conclut ONU Info.

 

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