Le Sea Eye 4 a porté secours aux 400 passagers d'une embarcation en détresse dans la SAR zone de Malte. Crédit : Sea-Eye
Le Sea Eye 4 a porté secours aux 400 passagers d'une embarcation en détresse dans la SAR zone de Malte. Crédit : Sea-Eye

Le Sea Eye 4 a porté secours, dans la soirée du 4 novembre, à 400 personnes qui avaient pris place sur une seule et même embarcation en bois. À son arrivée sur place, le bateau avait pris l'eau, et certains exilés étaient déjà dans la mer, sans gilets de sauvetage.

Le sauvetage s’est achevé au beau milieu de la nuit, au bout de plusieurs heures. Jeudi 4 novembre, le Sea-Eye 4, navire humanitaire de l’ONG éponyme, a secouru 400 personnes. Toutes avaient pris place dans une seule et même embarcation de bois, sur deux niveaux. L’équipage avait été alerté le matin même par Alarm Phone qu'un bateau était en détresse dans la SAR zone, la zone de recherche et de sauvetage en mer Méditerranée, de Malte.

Au moment de ce signalement, le Sea Eye 4 se trouvait à 6h de navigation de l’endroit. Sans réponse des autorités maltaises, le navire est tout de même parti sur les lieux. Il a récupéré, entre-temps, des gilets de sauvetage auprès de l’équipage de l’Ocean Viking, qui navigue également en Méditerranée en ce moment.

Le Rise Above - de l’ONG Mission Lifeline qui accompagne le Sea Eye 4 - plus petit et plus rapide, est arrivé en premier sur les lieux, en tout début de soirée. Sur place, la situation était déjà très critique. À cause d’une fuite, le bateau était en train de couler. "Plusieurs personnes étaient dans l'eau sans gilets de sauvetage, et ont dû être directement secourues dans la mer", rapporte Sea-Eye, dont le navire est arrivé peu de temps après. "L’équipage a rapidement fourni des gilets aux naufragés et ont les ont rassurés" pour stabiliser la situation. "Un si grand bateau en bois peut facilement chavirer en cas d'agitation et de panique", précise l’ONG.

Les rescapés nécessitant des soins médicaux urgents ont été sortis des eaux en priorité. L’un d’eux a été ranimé "avec succès" sur le canot de sauvetage qui l’emmenait vers le Sea Eye 4. D’après l’équipage, "l'évacuation complète du bateau en bois n'a pu être achevée qu'à minuit".

Ces 400 rescapés ont rejoint les 397 autres déjà présents sur le navire humanitaire. Ces hommes, ces femmes, dont certaines enceintes, et 153 mineurs avaient été secourus via plusieurs opérations distinctes, la veille et l’avant-veille du 4 novembre.

Le Sea Eye 4 compte désormais à son bord plus de 800 personnes. Sur le bateau, la situation est "dramatique". "Les secouristes atteignent la limite de leur charge de travail et les capacités [du navire] ne sont plus suffisantes", déplore Christine Winkelmann, membre de German Doctors, une association présente à bord qui prodigue les soins médicaux aux migrants.

L’attitude "honteuse" de Malte

Après ce sauvetage d’envergure, le navire a mis le cap sur Lampedusa, l’île italienne n’étant qu’à quelques heures du lieu du sauvetage. Le Sea Eye 4 a demandé au centre de coordination des secours à Rome l’attribution d’un port sûr, et au ministère des Affaires étrangères, une aide urgente. Malte quant à elle, a refusé de communiquer à ce sujet, alors même que le naufrage a eu lieu dans la SAR zone lui appartenant.

Une attitude qui "met en danger la santé et la vie des personnes secourues et de notre équipage, s’insurge Gorden Isler, président de l’association allemande. Il est honteux de voir Malte éluder à plusieurs reprises sa responsabilité et ignorer les appels d'urgence". Sur Twitter, l'ONG s'interroge : "Que serait-il advenu de ces gens si le Sea Eye 4 ne leur était pas venu en aide ?"

La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires (Ocean Viking, Sea Watch, Mare Jonio...) sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde.

 

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