Dans la nuit du 2 au 3 novembre, 210 personnes dont quatre femmes et un enfant, ont été secourus dans la Manche. Crédit : préfecture maritime de la Manche et de la Mer du Nord
Dans la nuit du 2 au 3 novembre, 210 personnes dont quatre femmes et un enfant, ont été secourus dans la Manche. Crédit : préfecture maritime de la Manche et de la Mer du Nord

Entre lundi 8 et mardi 9 novembre, 210 migrants ont été secourus par les autorités françaises dans le détroit du Pas-de-Calais. Un corps à la dérive a également été retrouvé dans la zone par un bateau de pêche.

Malgré le début de l’hiver et des conditions météo plus difficiles, les traversées de la Manche à destination du Royaume-Uni se poursuivent. Lundi 8 et mardi 9 novembre, 210 migrants dont quatre femmes et un enfant, ont été secourus en mer sur des embarcations de fortune au cours de sept opérations distinctes, a indiqué la préfecture maritime de la Manche et de la Mer du Nord dans un communiqué. Six d’entre elles ont été menées dans la nuit, au large de Calais.

Tous les rescapés ont été ramenés à Calais, Dunkerque ou Boulogne-sur-Mer et pris en charge par la police aux frontières et, dans certains cas, par les pompiers ou le Samu de coordination médicale maritime.

Lundi également, un corps à la dérive a été retrouvé par un bateau de pêche au large d’Octeville-sur-Mer. Il a été récupéré par un navire des pompiers du Havre et déposé au port, a fait savoir la préfecture. L’enquête, confiée à la gendarmerie maritime, dira s’il s’agit du migrant tombé à l’eau et porté disparu après une tentative de traversée de la Manche, lundi 25 octobre. Ses deux compagnons de traversée, eux, avaient été secourus, selon le correspondant local de la BBC.

Des embarcations surchargées et plus fragiles

La semaine dernière déjà, près de 800 personnes ont été interceptées en mer à la suite du naufrage de plusieurs embarcations. Avec un bilan humain très lourd : le corps d'un migrant avait été retrouvé dans une embarcation de 3,5 mètres remplie d'eau sur une plage de Wissant, aux côtés de deux personnes en état d'hypothermie, le 4 novembre.

La veille, un autre migrant d’une trentaine d’années avait trouvé la mort lors "du naufrage d'un small boat qui aurait eu des avaries, et qui aurait fait naufrage, notamment à cause de la surcharge", selon le récit du procureur de la République de Dunkerque, Sébastien Piève.

Pour Gérard Barron, le président de la station boulonnaise de la société nationale de sauvetage en mer (SNSM), les bateaux utilisés par les migrants depuis quelques semaines expliquent en partie ces drames. "Les embarcations sont de plus en plus surchargées et elles sont totalement inadaptées", explique-t-il à La Voix du Nord. Celle dans laquelle avait pris place le migrant disparu mesurait 12m de long et transportait 53 personnes. "C’est un record, précise Gérard Barron. Nous n’avions jamais vu ça à Boulogne".

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D’après le responsable, les bateaux empruntés par les exilés sont aussi plus fragiles qu’auparavant. Leur "rigidité est amenée par des planches en bois, non prévues pour aller en mer. Et il n’y a pas de renforts latéraux". Conséquence : "Ces bateaux sont surchargés, et donc, dès qu’il y a une vague, ils se cabrent, se plient au milieu et commencent à couler. Le bois s’imbibe, il ne résiste pas", explique-t-il au journal.

Selon le préfet maritime Philippe Dutrieux, environ 15 400 migrants ont tenté la traversée entre le 1er janvier et le 31 août, dont 3 500 ont été "récupérés en difficulté" dans le détroit et ramenés sur les côtes françaises. En 2020, les traversées et tentatives de traversées avaient concerné quelque 9 500 personnes, contre 2 300 en 2019 et 600 en 2018.

 

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