Des affaires abandonnées dans un bois près de la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. Crédit : Reuters
Des affaires abandonnées dans un bois près de la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. Crédit : Reuters

Un jeune Syrien a été retrouvé mort samedi dans un bois près de la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. Les raisons du décès ne sont pour l’heure pas déterminées. Depuis le début de la crise entre les deux pays, au moins 11 personnes ont perdu la vie dans la région.

Une nouvelle victime des tensions entre la Biélorussie et la Pologne a été recensée samedi 13 novembre. "Le corps d’un jeune Syrien a été découvert dans les bois, près de Wolka Terechowska", à la frontière avec la Biélorussie, a indiqué dans un communiqué la police de la région de Podlasie, à l’est de la Pologne.

Selon le texte, "les causes de la mort n’ont pas pu être déterminées sur place". Ce décès porte à 11 le nombre de migrants ayant perdu la vie dans la région depuis le début de la crise déclenchée cet été, d’après les estimations des médias locaux. Tous seraient morts d’hypothermie, alors que les températures frôlent 0 degré la nuit et que les ONG déplorent la crise humanitaire en cours dans la zone.

Mercredi 10 novembre, un Kurde irakien de 14 ans serait aussi mort de froid dans un camp de fortune installé à la hâte côté Biélorussie, où s’entassent environ 2 000 personnes, selon le média polonais OKO.press. Minsk a démenti ces informations, estimant qu’elles "ne correspondent pas à la réalité".

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Depuis une semaine et l’arrivée de quelque 4 000 exilés, Varsovie tente d’empêcher les migrants d’accéder au sol polonais. Les autorités ont dépêché environ 15 000 soldats le long de leur frontière avec la Biélorussie, sans compter la police et les garde-frontières. Malgré cette présence hors-norme, des migrants parviennent à entrer en Pologne et se cachent dans la forêt environnante pour éviter d’être renvoyés manu militari en Biélorussie.

Dimanche 14 novembre, une cinquantaine de personnes ont été arrêtées par la police polonaise juste après leur passage de la frontière et expulsées vers le pays voisin. Dans la nuit de vendredi à samedi, "une centaine" d’exilés ont tenté de passer côté polonais mais "à la vue de policiers et de soldats, [ils] se sont enfuis dans la forêt", a indiqué la police.

Les Biélorusses "équipent les étrangers de gaz lacrymogène"

Les garde-frontières polonais accusent les forces biélorusses d’aider les migrants à traverser la frontière. "La nuit, des soldats biélorusses ont tenté de détruire la barrière frontalière provisoire. Ils enlevaient des poteaux et déchiraient les grillages à l’aide d’un véhicule de service. Les forces polonaises étaient éblouies par des rayons laser et effets stroboscopiques", a précisé un message des garde-frontières sur Twitter.

La police aux frontières a également affirmé que les Biélorusses "équipaient les étrangers en gaz lacrymogène".

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Lundi matin, une foule de migrants "acheminée par les forces biélorusses" s’est rassemblée au poste frontalier fermé de Kuznica, a indiqué le ministère de la Défense sur Twitter, alors que des vidéos diffusées par l’armée polonaise semblaient montrer des centaines d’exilés face aux rangées de policiers et de soldats polonais.

Dans le même temps, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne doivent se réunir lundi pour élargir les sanctions imposées à la Biélorussie suite à sa répression contre les opposants de Loukachenko, qui dirige le pays depuis près de 30 ans.

Le chef de la politique étrangère de l'UE, Josep Borrell, a déclaré que les ministres autoriseraient des sanctions contre "tous ceux qui participent au trafic de migrants vers la Biélorussie", y compris les compagnies aériennes, les agences de voyages et les fonctionnaires. Les Européens accusent Minsk d'alimenter la crise en délivrant des visas et en affrétant des vols, pour se venger des sanctions occidentales imposées au régime de Loukachenko l'an dernier.

 

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