L'équipage du Geo Barents a retrouvé 10 cadavres au fond d'un canot. Crédit : Candida Lobes / MSF
L'équipage du Geo Barents a retrouvé 10 cadavres au fond d'un canot. Crédit : Candida Lobes / MSF

Le navire humanitaire de Médecins sans frontières a porté assistance à 186 personnes en détresse en mer au large de la Libye lors de trois opérations de sauvetage. L’ONG a par ailleurs découvert 10 cadavres dans le dernier canot secouru.

En mer depuis le 12 novembre pour sa cinquième mission en Méditerranée, le Geo Barents a secouru en seulement 24 heures 186 migrants au large des côtes libyennes. La première opération a eu lieu dans l’après-midi du lundi 15 novembre avec le sauvetage de 25 personnes dans les eaux maltaises. "Des hommes, des femmes et des enfants, dont beaucoup se sentent malades, affamés et assoiffés après deux jours de dérive en mer", a précisé sur Twitter Médecins sans frontières (MSF), qui affrète le navire humanitaire.

Quelques heures plus tard, dans la nuit de lundi à mardi, 62 personnes à bord d’un "bateau en bois surpeuplé" ont été secourues par le Geo Barents. L’ONG avait été avertie du cas d’une embarcation en détresse dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone) par le collectif d’aide aux migrants en mer Alarm Phone. "L’obscurité et les conditions précaires du bateau ont rendu le sauvetage difficile, mais tout le monde est en sécurité à bord", selon MSF.

Mort par suffocation

Enfin, une nouvelle fois alerté par Alarm Phone et par l’avion de surveillance Sea Bird, le navire humanitaire a porté assistance à 99 migrants mardi après-midi. Au fond du canot, l’équipage a retrouvé 10 personnes mortes par "suffocation, après avoir dérivé 13 heures en mer", signale MSF.

Parmi les rescapés se trouvent "de nombreuses femmes et enfants en bas âge, dont le plus jeune est âgé de 10 mois". Le navire humanitaire réclame l’attribution d’un port sûr afin que les naufragés soient "mis en sécurité au plus vite".

Le Geo Barents a été rejoint au large de la Libye par le Sea-Watch 4, arrivé sur zone mardi après-midi. "Les membres d’équipage se relaient pour scruter l’horizon à la recherche de bateaux en détresse. Nos avions de reconnaissance soutiennent notre navire. Dans les airs et en mer, nous sommes prêts à vous secourir", a déclaré sur Twitter l’ONG allemande éponyme.

Malgré la fin de l'été, synonyme de mer calme et de conditions météorologiques idéales, les tentatives de traversée vers l'Europe ne connaissent pas de répit. Entre le 7 et le 13 novembre, 791 personnes ont été interceptées en mer par les garde-côtes libyens et renvoyées dans le pays, où elles risquent torture, violences et exploitation.

Depuis janvier, 29 427 migrants ont été rattrapés en mer par les autorités libyennes, contre 11 891 pour l'ensemble de l'année dernière, d'après les chiffres de l'Organisation internationale des migrations. Par ailleurs, au moins 1 226 migrants ont perdu la vie en Méditerranée centrale en tentant de rejoindre les côtes européennes depuis le début de l'année.

La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires (Ocean Viking, Sea Watch, Mare Jonio...) sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde.

 

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