Capture d’écran de la vidéo montrant Taman, relayée sur les réseaux sociaux . Crédit : Reuters
Capture d’écran de la vidéo montrant Taman, relayée sur les réseaux sociaux . Crédit : Reuters

Le jeune Irakien fait partie des migrants massés à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. Il souffrirait d’une maladie des os et a dû se faire amputer ses deux jambes en Irak. Sa famille espère rejoindre l’Allemagne pour trouver de l’aide.

Taman fixe la caméra. Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, on voit le jeune garçon assis sur une pile de manteaux. Dans ses mains, il tient les éléments de ses prothèses de jambe, une cuisse et un tibia. La deuxième prothèse est debout, adossée derrière lui.

À côté de Taman se trouve un autre enfant, un peu plus âgé, qui s’adresse à la caméra dans un anglais hésitant. "Bonjour cher Cristiano Ronaldo", dit-il, pour interpeller le célèbre footballeur portugais de Manchester United. "Ce garçon s'appelle Taman et il a huit ans. Il a besoin de votre aide et d'une jambe. Il vous adore et actuellement, il se trouve à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie."

Le garçon explique que Taman est originaire du Kurdistan irakien, qu’il est fan de Ronaldo et qu’il aimerait rencontrer un jour son idole. Taman a besoin "d’une vie meilleure que celle d'aujourd'hui. Il a besoin d'aller en Europe ou de toute autre aide. Merci pour tout, aidez-le s'il vous plaît", conclut-il.

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Taman et sa famille seraient originaires du Kurdistan irakien. Crédit : Reuters
Taman et sa famille seraient originaires du Kurdistan irakien. Crédit : Reuters


Selon l’agence de presse Reuters, Taman a neuf ans. Il voyage avec ses deux parents, un frère de 11 ans et une petite sœur de seulement sept mois. "Nous sommes ici depuis huit jours", explique Sangar, le père de famille, à Reuters. "Il fait très froid. Nous sommes venus d’Irak pour notre fils Taman. Je veux emmener ma famille dans un pays où nos droits seront protégés. Nous sommes venus de si loin. Nous appelons tout le monde à l'aide. Je veux que Taman puisse vivre dans un endroit bien."

Les origines exactes de la vidéo et de son auteur restent peu claires. Reuters indique qu’elle provient "des réseaux sociaux". Le média britannique Metro, qui a également relayé la vidéo le 16 novembre, ne donne aucune source. 

Reuters a également interviewé Jamar, l'un des oncles de Taman, qui se trouve toujours en Irak. Selon lui, le garçon est né avec une maladie des os. La famille aurait reçu une proposition d’aide d’un hôpital en Allemagne, mais elle n’a pas réussi à obtenir les visas nécessaires pour faire le voyage. Face à l’impossibilité d’accéder à un autre traitement, les médecins irakiens auraient alors décidé d’amputer les jambes du garçon.

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Jamar explique que la famille a fini par prendre un avion à Minsk en passant par Dubaï. Ils seraient arrivés à la frontière polonaise le 8 novembre et espèrent que leur appel sera entendu par les autorités pour leur permettre de rejoindre l’Allemagne.

Dans le même temps, les publications et commentaires se multiplient sur les réseaux sociaux pour affirmer qu’il s’agit d’une manipulation des médias pour convaincre les pays européens de laisser entrer davantage de demandeurs d’asile.


Taman tient ses prothèses, près de la frontière. Crédit : Reuters et réseaux sociaux
Taman tient ses prothèses, près de la frontière. Crédit : Reuters et réseaux sociaux


L'UE ne compte pas céder aux pressions

L'Union européenne et l'Allemagne ont publiquement rejeté jeudi dernier un plan de sortie de crise proposé par Alexandre Loukachenko à la chancelière allemande Angela Merkel, lors de deux entretiens téléphoniques, prévoyant le rapatriement de 5 000 migrants par Minsk et la prise en charge de 2 000 autres par l'Union européenne.

De son côté, la Croix-Rouge biélorusse a offert à près d’un millier de migrants un abri dans un entrepôt situé non loin du poste de contrôle de Bruzgi-Kuznica.


Les autorités biélorusses ont mis à disposition un entrepôt logistique pour abriter des migrants bloqués à la frontière. Crédit : Reuters
Les autorités biélorusses ont mis à disposition un entrepôt logistique pour abriter des migrants bloqués à la frontière. Crédit : Reuters


Des photos prises à l'intérieur de l’entrepôt montrent des personnes enveloppées dans des couettes et des sacs de couchage allongés sur le sol. On voit également des bénévoles et des militaires proposer du porridge, des bonbons, de l'eau, du thé et des conserves.

Depuis le début de l'année, les garde-frontières polonais ont enregistré plus de 34 000 tentatives dont plus de 6 000 en novembre, près de 17 300 en octobre, près de 7 700 en septembre et plus de 3 500 en août, quand la crise a commencé.

Le président Loukachenko s'est dit prêt jeudi 18 novembre à "rapatrier" 5 000 d'entre eux. Un premier vol vers l’Irak a été organisé la semaine dernière avec à son bord 431 personnes. Alexandre Loukachenko a assuré que la Biélorussie était en train d'organiser un deuxième vol de rapatriement de migrants pour la fin du mois. Ces évacuations interviennent après des tensions croissantes entre l’Union européenne et la Biélorussie, accusée d’avoir orchestré cet afflux migratoire pour se venger des sanctions imposées par les Vingt-Sept après la répression en 2020 d'un mouvement d'opposition historique.

 

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