Des patrouilleurs de la Garde nationale maritime tunisienne. Crédit : ministère de l'Intérieur tunisien
Des patrouilleurs de la Garde nationale maritime tunisienne. Crédit : ministère de l'Intérieur tunisien

Au cours de neuf opérations différentes, les garde-côtes tunisiens ont intercepté, dimanche, plus de 200 migrants en Méditerranée. Depuis le début de l'année, les autorités tunisiennes ont arrêté plus de 19 500 personnes qui tentaient de rejoindre l'Europe par la mer.

Les autorités tunisiennes ont annoncé, dimanche 21 novembre, avoir procédé la veille à l'interception de plus de 200 migrants, qui cherchaient à atteindre les côtes italiennes, lors de neuf opérations différentes.

"Dans le cadre de la lutte contre l'immigration irrégulière, des unités des régions nord, sud et centre ont réussi à contrecarrer neuf tentatives [de traversée en mer] pendant la nuit du 20 au 21 novembre", a annoncé le porte-parole de la garde nationale, Houssem Eddine Jebabli.

Selon la garde nationale qui a réalisé des interceptions en mer et sur la côte, les migrants "secourus" étaient au nombre de 223, et provenaient de différents pays africains, dont 111 Tunisiens.

Deux semaines plus tôt, au moins quatre personnes avaient perdu la vie et 19 autres avaient été portées disparues après qu'un bateau transportant des migrants, tous Tunisiens, avait coulé au large de la côte est tunisienne, dans la région de Mahdia.

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Le 31 octobre, les garde-côtes avaient déjà annoncé avoir déjoué six tentatives d'émigration et "secouru" 125 migrants, dont 112 originaires d'Afrique subsaharienne.

Selon des statistiques du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au 14 novembre, plus de 58 000 migrants sont parvenus à immigrer en Italie depuis le début de l'année, la plupart par la voie maritime.

Depuis janvier, au moins 1 300 exilés sont morts en Méditerranée centrale en tentant de rejoindre l’Europe à bord d’embarcations de fortune, d’après les chiffres de l’Organisation internationale des migrations (OIM). Ce bilan pourrait néanmoins être beaucoup plus lourd, les instances internationales et les ONG redoutant de nombreux "naufrages invisibles", sans témoins et loin des regards.

Ces dernières années, des milliers de migrants, originaires d'Afrique subsaharienne mais aussi de Tunisie, ont cherché à émigrer, principalement via l'île sicilienne de Lampedusa, située à seulement 140 kilomètres de la côte est de la Tunisie.

Depuis la révolution de 2011, la Tunisie a connu une période d'instabilité politique et de crise socio-économique qui a exacerbé le chômage (plus de 18 % de la population active) en particulier des plus jeunes (plus de 40 %).

Selon des statistiques du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), sur les neuf premiers mois de l'année 2021, les garde-côtes tunisiens ont intercepté environ 19 500 migrants tentant la traversée de la Méditerranée. 

 

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