La rivière Bidassoa est une frontière naturelle entre la France et l'Espagne. Crédit : InfoMigrants
La rivière Bidassoa est une frontière naturelle entre la France et l'Espagne. Crédit : InfoMigrants

Un homme d’origine africaine a été retrouvé mort samedi, dans le fleuve Bidassoa entre l'Espagne et la France, a annoncé la police basque espagnole. Selon les premiers indices, il s’agirait d’un exilé "en transit depuis l’Andalousie". Deux migrants d'origine subsaharienne avaient été retrouvés noyés dans le fleuve Bidassoa, le premier en mai puis le deuxième en août.

C’est au moins la troisième noyade depuis le début de l’année 2021. Samedi 20 novembre, le corps sans vie d’un homme a été retrouvé dans le fleuve Bidassoa entre l'Espagne et la France, a annoncé la police basque espagnole. C’est un homme faisant du paddle qui l’a signalé.

"Les premiers indices pourraient indiquer qu'il s'agit d'un migrant d'origine africaine", a précisé la police espagnole, alors qu'une enquête a été ouverte.

"Nous pensons que c'était un migrant en transit depuis l'Andalousie", dans le sud de l'Espagne, a indiqué à l'AFP un porte-parole du gouvernement régional basque, affirmant que l'homme décédé était âgé de 38 ans.

"Malheureusement, ces épisodes peuvent se répéter tant que l'Europe ne crée par des voies sûres pour les personnes en transit qui cherchent un futur meilleur", a déclaré Xabier Legarreta, responsable de l'aide aux migrants au gouvernement régional basque.

Drames à la frontière

Les drames se multiplient ces derniers mois à la frontière franco-espagnole. Deux migrants d'origine subsaharienne ont déjà été retrouvés noyés dans le fleuve Bidassoa, le premier en mai puis le deuxième en août. Côté français, trois autres exilés, algériens, sont morts percutés par un train à Saint-Jean-de-Luz en octobre alors qu'ils tentaient d'échapper à d'éventuels contrôles de police.

L'Espagne demeure l'une des principales portes d'entrée en Europe pour les migrants clandestins dont une partie tentent de poursuivre leur périple vers le nord du continent.

>> À (re)lire : À la frontière franco-espagnole, la police "traque" les migrants

La frontière espagnole, de l’ouest à l’est, est un point de passage important pour les migrants d’Afrique de l’ouest et du Maghreb qui souhaitent gagner la France. En septembre, huit passeurs algériens, qui transportaient des personnes depuis l'Espagne, ont été arrêtés par la police à l’autre bout du Pays basque, en Haute-Garonne. Ils transféraient les exilés en voiture, depuis Lérida en Espagne jusqu'à la gare SNCF de Toulouse Matabiau. Des trajets pour lesquels les passeurs réclamaient entre 200 et 500 euros.

Au Pays basque, zone de transit importante sur la route migratoire vers le nord de l’Europe, la zone frontalière qui coupe la région en deux est très surveillée. "Ici il y a plus de policiers que de voyageurs", avait assuré un passant à InfoMigrants en juin dernier, à la frontière franco-espagnole. Sur le pont Saint-Jacques, qui sépare la ville espagnole d’Irun à la française Hendaye, "les personnes étrangères ont beaucoup de mal à passer", avait observé ce Français.

 

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