Parmi les rescapés se trouvent des femmes enceintes et des enfants. Image d'illustration. Crédit : Sea-Watch
Parmi les rescapés se trouvent des femmes enceintes et des enfants. Image d'illustration. Crédit : Sea-Watch

Le navire de l’ONG allemande Sea-Watch a porté secours à 482 personnes lors de plusieurs opérations de sauvetage, menées de jeudi à lundi matin en Méditerranée centrale. Les humanitaires demandent l’attribution d’un port sûr pour débarquer les naufragés.

Le Sea Watch 4, de l’ONG allemande éponyme, a enchainé les sauvetages en mer Méditerranée ces derniers jours. Entre jeudi 18 et lundi 22 novembre, sept opérations ont été effectuées par les humanitaires au large des côtes libyennes.

En tout, 482 migrants se trouvent actuellement à bord du navire humanitaire, dont des femmes enceintes et des enfants. L’équipage réclame l’attribution d’un port sûr pour débarquer les naufragés "dès que possible". En début d'après-midi, lundi 22 novembre, le Sea Watch 4 était remonté vers le nord et naviguait près de l'île italienne de Lampedusa.

Quelques heures auparavant, l’ONG a secouru 107 autres personnes. "Parmi eux se trouve un bébé d’un jour", a signalé l'ONG allemande.

Deux jours plus tôt, samedi 20 novembre, 73 migrants dans "un bateau en mauvais état" ont également été pris en charge par le Sea Watch 4. Le lendemain, les humanitaires ont porté assistance à 175 exilés, répartis dans deux embarcations.

Lors de ce sauvetage, un patrouilleur libyen s’est "dangereusement approché du Sea Watch 4". À son bord, six personnes récupérées par les garde-côtes ont sauté à l’eau pour tenter de rejoindre à la nage le navire humanitaire. Elles ont finalement été secourues par l'équipage et mises en sécurité sur le bateau de l'ONG.


Des migrants ont sauté d'un patrouilleur libyen pour rejoindre le Sea Watch 4 à la nage. Crédit : Sea-Watch
Des migrants ont sauté d'un patrouilleur libyen pour rejoindre le Sea Watch 4 à la nage. Crédit : Sea-Watch

 

Menaces des Libyens

Au même moment, Sea-Watch affirme avoir été menacé par les autorités libyennes. Dans un audio diffusé sur les réseaux sociaux, on entend les garde-côtes exhorter l’équipage à quitter la zone de sauvetage. "Dégagez de la zone, sinon nous vous emmenons avec nous en Libye, c’est clair ?", dit l’interlocuteur. L’injonction est martelée à plusieurs reprises et l’homme au bout du fil semble nerveux. "Vous connaissez les règles en Libye. C’est compris ? Partez immédiatement", insiste-t-il.

Un membre du Sea Watch 4 lui rétorque alors que le navire n’est pas dans la SAR zone libyenne (zone de détresse et de sauvetage) mais dans les eaux internationales, à "plus de 40 miles au nord des côtes libyennes". Et qu’il a donc tout à fait le droit de naviguer à cet endroit.

L'ONG a continué sa route et a procédé peu de temps après à son troisième sauvetage, permettant à 24 personnes d’être prises en charge par le navire humanitaire. "Notre équipage continuera de surveiller les bateaux en détresse afin que personne ne se noie en essayant de se mettre en sécurité", prévient Sea-Watch.

Plus aucun navire humanitaire ne sillonne la SAR zone. Le Geo Barents, de Médecins sans frontières (MSF) a accosté, samedi 20 novembre, au port de Messina en Sicile avec ses 186 migrants, secourus quelques jours plus tôt au large des côtes libyennes.

La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires (Ocean Viking, Sea Watch, Mare Jonio...) sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde.

 

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