Un membre de la communauté polonaise musulmane porte le cercueil du petit Halikari Dhaker, à Bohoniki, près de Sokolka, le 23 novembre 2021. Crédit : Reuters
Un membre de la communauté polonaise musulmane porte le cercueil du petit Halikari Dhaker, à Bohoniki, près de Sokolka, le 23 novembre 2021. Crédit : Reuters

Le bébé mort-né de 27 semaines d'une migrante irakienne a été enterré, mardi, à Bohoniki, dans l'est de la Pologne. Il repose dans une tombe creusée dans le cimetière musulman pour les victimes de la crise migratoire. Il s'agit au moins de la treizième victime recensée dans la région depuis cet été.

C’est désormais la plus jeune victime de la crise migratoire en cours entre la Biélorussie et la Pologne. Le bébé de 27 semaines d’une femme irakienne a été enterré, mardi 23 novembre, dans le cimetière musulman de Bohoniki, dans l’est de la Pologne. La mère a accouché prématurément de son enfant, mort à la naissance.

Sur une petite plaque funéraire a été inscrit le nom de l’enfant : Halikari Dhaker. Seulement deux membres de la communauté locale et l'imam ont accompagné le petit cercueil blanc jusqu'à la tombe, alors que la première neige a recouvert les champs environnants.

La mère de l’enfant est toujours hospitalisée dans un état grave dans un hôpital de la région. Le père et les cinq autres enfants du couple se trouvent, eux, dans un centre d’hébergement de la ville de Bialystok.

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Le groupe a été retrouvé par des bénévoles polonais dans les forêts froides et humides de la zone frontalière, le 12 novembre près du village de Narewka.

"Les enfants étaient assis très calmement et paisiblement à côté de leur mère, qui ne cessait de hurler. Leur père se tordait les mains, en appelant à l'aide", a indiqué au quotidien Gazeta Wyborcza un des bénévoles, Piotr Matecki. "Elle souffrait ainsi depuis deux jours, allongée, vomissant de l'eau, ne prenant aucune nourriture".

"Trouver une vie meilleure"

"Ces gens là n'ont pas quitté leur maison, leur pays pour faire un voyage touristique mais pour trouver une meilleure vie", a insisté lors de la cérémonie Ali Aleksander Bazarewicz, l'imam de la communauté tatare locale.

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"Lorsqu'on a creusé la première tombe, nous espérions que c'était la dernière. Malheureusement ce n'est pas le cas", a-t-il ajouté.

Cet enfant est au moins la treizième victime de la crise migratoire des deux côtés de la frontière. La semaine dernière, un enfant d'un an, originaire de Syrie, a été retrouvé mort par une ONG polonaise. Ses parents se cachaient dans la forêt depuis plus d’un mois. Dimanche, un migrant yéménite de 37 ans mort de froid et d'épuisement a également été enterré dans le cimetière de Bohoniki.

 

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