- AFP | Des migrants irakiens entrent dans un avion pour retourner en Irak, à l'aéroport de Minsk, en Biélorussie, le 18 novembre 2021.
- AFP | Des migrants irakiens entrent dans un avion pour retourner en Irak, à l'aéroport de Minsk, en Biélorussie, le 18 novembre 2021.

L'Irak va rapatrier davantage de migrants bloqués à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne, alors que des milliers d'Irakiens s'y amassent toujours. 700 volontaires se sont inscrits pour revenir, 400 autres sont même déjà retournés dans leur pays d’origine. RFI a retrouvé l’un d’entre eux.

Irak: un migrant rapatrié de la frontière biélorusse témoigne


Avec notre correspondante à Bagdad, Lucile Wassermann

Il est 8h du matin à Bagdad, et Wissam s'engouffre dans un taxi, direction le ministère de l'Immigration. Cet Irakien de 32 ans, tout juste rapatrié, part demander un prêt aux autorités. Il a vendu la quasi-totalité de ses biens cet été pour tenter de rejoindre l'Europe, sans succès. « Apparemment le Premier ministre va allouer de l'argent via le ministère de l'Immigration. Ils vont faciliter l'obtention de prêt pour ceux qui sont revenus », explique-t-il. 

Arrivés au ministère, nous ne serons pas autorisés à suivre Wissam.  Nous le retrouvons, après son entretien, en terrasse d'un café. Sa demande a été déposée, il faut désormais patienter : « J'espère bien que le gouvernement va trouver une solution... C'est à cause d'eux que les gens partent. Pourquoi on fuit à votre avis ? Parce qu'on voit la situation dans le pays et on se dit qu'il n'y a aucun espoir, aucun futur ici. »

Wissam a passé plus de deux mois en Biélorussie; avec le rêve de passer en Pologne. Mais il y a 10 jours, il a baissé les bras et décidé d'utiliser le vol de rapatriement affrété par l'Irak. « Il fallait supporter le froid, la faim, la soif... Je pensais vraiment que j'y arriverai mais j'ai essayé plusieurs fois de passer la frontière, et ça n'a jamais marché », raconte-t-il. 

Aujourd'hui il a dû rentrer à Bagdad, mais ne perd pas espoir que d'autres routes, plus accessibles, s'ouvrent vers l'Europe. Il est bien décidé à fuir l'instabilité qui règne en Irak.

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