Le centre fermé de Samos a été le premier à voir le jour. Crédit : Reuters
Le centre fermé de Samos a été le premier à voir le jour. Crédit : Reuters

Le ministre grec des Migrations a inauguré samedi deux nouveaux camps fermés pour demandeurs d’asile sur les îles de Kos et Leros. Ces centres fonctionneront sur le même modèle que celui de Samos, critiqué par les ONG pour son aspect comparable à une prison.

"Une nouvelle ère commence". C’est avec ces mots que le ministre grec des Migrations, Notis Mitarachi, a inauguré samedi 27 novembre les nouveaux centres fermés des îles de Kos et Leros. Tout comme celui de Samos, ouvert en septembre, les camps sont ultra-sécurisés : des barbelés délimitent le lieu, des caméras de surveillance ont été installées dans l’enceinte du site, des portails métalliques contrôlent les entrées des demandeurs d’asile avec des badges électroniques et leurs empreintes digitales.

Les migrants peuvent sortir la journée mais doivent rentrer le soir, le centre étant fermé la nuit. Les camps sont dotés de commodités comme l'eau courante, les toilettes et de meilleures conditions de sécurité qui étaient absentes dans les anciens camps.

Les deux camps peuvent accueillir chacun 2 140 personnes.

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Deux nouveaux centres prévus à Chios et Lesbos

"Nous libérons nos îles du problème des migrants et de ses conséquences", a déclaré le ministre de la Migration à l’issue de la visite. "Il ne faut pas que l’Europe revive le cauchemar des années 2015-2016", a ajouté le vice-président de la Commission européenne, Margaratis Schinas, également en visite dans les nouveaux centres. À cette époque, la Grèce avait dû accueillir des milliers de demandeurs d’asile venus principalement de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan.

L’Union européenne a investi 276 millions d’euros dans la construction de ces nouvelles installations. Athènes a prévu d’ouvrir deux autres camps sécurisés sur les îles de Lesbos et Chios.

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Ces nouveaux centres ne satisfont pas les ONG, qui les comparent à des prisons. Isolés des centres-villes, les camps marginalisent encore plus les exilés, affirment les humanitaires. "Cela risque de compliquer leur inclusion sociale. Les demandeurs d’asile risquent d'avoir moins de chance de trouver des opportunités d'emplois sur place ou d'avoir les moyens d'améliorer leur apprentissage de la langue grecque", déplorait en septembre Vagelis Stratis, responsable des programmes de l’International rescue committe (IRC), joint par InfoMigrants. "Ce type de centre n’aide pas les gens à s'intégrer".

Quarante cinq ONG et groupes de la société civile grecque ont demandé à l'UE et au gouvernement grec de mettre fin à ces centres fermés. Selon eux, ces lieux "entraveront l'identification et la protection des personnes vulnérables, limiteront l'accès aux services et à l'assistance pour les demandeurs d'asile, et exacerberont les effets néfastes du déplacement sur la santé mentale des individus".

 

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