Un migrant traverse les Alpes, dans la région de Briançon, un soir de février 2021. Crédit : Mehdi Chebil
Un migrant traverse les Alpes, dans la région de Briançon, un soir de février 2021. Crédit : Mehdi Chebil

Le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a rejeté, mardi, la requête du collectif d’associations Tous migrants qui avait sollicité la justice pour contraindre l’État à héberger les migrants, à Briançon. De nombreuses personnes sont sans abri dans cette ville des Hautes-Alpes malgré les températures hivernales.

Malgré les températures glaciales, l’État ne sera pas contraint d'héberger les migrants à Briançon (Hautes-Alpes). C’est la décision qu’a rendu, mardi 30 novembre, le juge des référés du tribunal administratif de Marseille, rejetant la requête de Tous migrants.

Le collectif d’associations qui vient en aide, à Briançon, aux exilés arrivant en France depuis l’Italie, avait attaqué l’État en justice en déposant le 16 novembre un référé-liberté au tribunal administratif de Marseille. L’organisation souhaitait "contraindre la préfète des Hautes-Alpes Martine Clavel à ‘la mise en place d’un dispositif d’accueil’ pour les migrants arrivant à Briançon, ainsi que l’autorisation pour la Croix-Rouge d’effectuer des tests Covid afin que les exilés puissent prendre les transports en commun et quitter Briançon, et l’organisation des transports publics permettant aux exilés de quitter le Briançonnais '", rapporte Le Dauphiné libéré.

Le tribunal administratif de Marseille a rejeté la requête de Tous migrants au motif que les Terrasses solidaires, lieu d’hébergement géré par l’association Refuges solidaires, "a une capacité d’accueil supérieure au nombre de personnes actuellement présentes sous la tente installée par Médecins du monde [la tente a, en réalité, été installée par Médecins sans frontières NDLR], alors aucun motif, ni matériel ni juridique, ne fait obstacle à sa réouverture immédiatement".

Refuges solidaires avait décidé de fermer ce lieu d’hébergement fin octobre après avoir été débordé par le nombre de personnes qui s’y présentaient. Plus de 200 personnes avaient besoin d’un hébergement alors que les Terrasses solidaires ne disposent que de 80 places. L’association et des dizaines d’exilés avaient alors occupé la gare de Briançon pour appeler l’État à ouvrir un lieu de mise à l’abri. "Cela fait longtemps qu’on alerte les pouvoirs publics sur impossibilité de gérer [la mise à l’abri des personnes] seuls. On demande d’urgence l’aide de l’État", avait expliqué Jean Gaboriau, administrateur bénévole de l’association, à InfoMigrants.

Pas de dispositif d'accueil

Depuis le début du bras de fer qui l'oppose aux associations de Briançon, la préfète des Hautes-Alpes Martine Clavel refuse l'ouverture d'une telle structure, malgré la dégradation de la situation pour les migrants et la baisse des températures dans la région. Dans un communiqué adressé à Tous Migrants mi-novembre, elle avait indiqué "qu'aucun dispositif d’accueil ne sera[it] initié" par ses services.

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En revanche, des "moyens supplémentaires" ont depuis été déployés à la frontière "afin d’entraver les passages illégaux".

Depuis la fermeture des Terrasses Solidaires, 200 gendarmes mobiles patrouillent dans la zone. "Les forces de l'ordre sont omniprésentes : sur les routes, à la frontière, dans les montagnes, dans les gares", a déploré Tous Migrants sur Twitter, dénonçant "une véritable chasse à l'homme des personnes en exil", "mise en place par l’État".

Pour parer au manque d'hébergements, Médecins sans frontières (MSF) a ouvert, le 13 novembre, à Briançon une tente d'une superficie de 100 m2, pouvant accueillir au chaud une cinquantaine de personnes. Bien que dépourvue de sanitaires, de toilettes et de douches, la structure "est très utile parce qu’elle permet aux exilés de ne pas mourir de froid", avait indiqué Alfred Spira, médecin et membre des Refuges solidaires à InfoMigrants.

 

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