Les sauveteurs espagnols cherchent des survivants après le naufrage d'une embarcation de migrants aux Canaries, près de Lanzarote, le 18 juin 2021. Crédit : Reuters
Les sauveteurs espagnols cherchent des survivants après le naufrage d'une embarcation de migrants aux Canaries, près de Lanzarote, le 18 juin 2021. Crédit : Reuters

Dans la nuit du mercredi au jeudi 2 décembre, les sauveteurs espagnols ont porté secours à 283 migrants, répartis sur cinq embarcations pneumatiques. Un bébé de deux mois n'a pas survécu à la traversée.

Cette nuit, les secours espagnols en mer ont porté assistance à cinq bateaux pneumatiques en détresse en mer, au sud de l’île de Fuerteventura. Au total, 283 personnes d'origine subsaharienne, dont 67 femmes et 22 mineurs ont été prises en charge, d’après les services basés aux Canaries. Tous sont en bonne santé, à l'exception d'une femme qui a bénéficié de soins médicaux.

Les sauveteurs n’ont en revanche pas pu sauver un bébé de deux mois décédé durant la traversée, et retrouvé mort dans une des cinq embarcations.

Les opérations ont débuté mercredi 1er décembre dans la soirée, lorsqu’une première équipe a procédé au sauvetage de trois embarcations pneumatiques, situées au sud de la station balnéaire de Morro Jable. En chemin, les sauveteurs ont aperçu un quatrième bateau, auquel ils ont également porté secours. Les 231 rescapés au total ont été amenés à l’aube dans la ville de Puerto del Rosario.

Une autre opération a été menée au même moment sur un cinquième bateau pneumatique, à quatre kilomètres de Morro Jable. Les migrants secourus, 25 hommes, 12 femmes et 15 mineurs, ont été transférés au port de Gran Tarajal. Tous viennent d’Afrique subsaharienne, hormis deux personnes originaires du Bangladesh. Selon l’agence de presse EFE, les conditions de sauvetage étaient difficiles car "la mer était très mauvaise".

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Le 27 novembre déjà, un autre sauvetage avait permis de sortir des eaux 55 exilés, parmi lesquels quatre enfants et treize femmes, à environ 74 kilomètres au sud-ouest de Fuerteventura. L’embarcation avait quitté le cap Boujdour, au Sahara occidental, à l'aube. Deux migrants n’avaient pas survécu à la traversée, et avaient été retrouvés morts à l’intérieur du canot.

Le même jour, les passagers d’un autre bateau, qui avait chaviré à environ 130 kilomètres au sud de Gran Canaria, n’avaient pas pu être sauvés. D’après Helena Maleno Garzon de l'association Caminando Fronteras, l'embarcation s'est renversée juste avant le sauvetage : "deux corps ont été récupérés et quatre ont été engloutis par des vagues de deux mètres de haut".

La veille, une autre "patera", du nom de ces petites embarcations de fortune, partie elle aussi du Sahara occidental, avait finalement rebroussé chemin en raison des courants et des vents violents.

900 morts au moins depuis le début de l’année

Sur cette route très empruntée en pleine océan Atlantique, les naufrages sont nombreux. Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), quelque 900 personnes ont perdu la vie en essayant de rejoindre les côtes de l'archipel depuis janvier.

Une partie des migrants partent de la côte marocaine, où ils sont parfois interceptés par les autorités. Dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 novembre, 147 migrants ont été récupérés par la Marine marocaine. Les passagers secourus étaient originaires d'Afrique subsaharienne mais aussi de dix pays d'Asie, dont les noms n’ont pas été dévoilés. Et entre les 12 et 15 novembre, environ 330 migrants ont été pris en charge par les garde-côtes marocains. Deux Asiatiques ont aussi été recensés parmi les passagers.

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Les opérations de sauvetages espagnoles, elles, sont quasi quotidiennes. Et ce, malgré la dégradation des conditions météo qui rendent la traversée d’autant plus dangereuse. Depuis le début de l’année, les îles Canaries ont accueilli 19 865 immigrants sauvés en mer dans 492 bateaux distincts, d’après l’agence de presse EFE. Un chiffre proche de celui de l’année dernière, qui compte 23 023 arrivées. Soit le deuxième chiffre le plus élevé de la route de l'Atlantique, après le record de 2006, à 31 678.

De janvier à novembre, 36 379 immigrés sont entrés irrégulièrement en Espagne - îles Canaries y compris - par la mer. 

 

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