Les accusés ont effectué 500 passages entre la France et l'Angleterre, via la Manche. Crédit : préfecture de la Manche et de la mer du Nord
Les accusés ont effectué 500 passages entre la France et l'Angleterre, via la Manche. Crédit : préfecture de la Manche et de la mer du Nord

Trois passeurs, un Syrien et deux Kurdes irakiens, ont été condamnés lundi à des peines de prison allant d’un à quatre ans par le tribunal de Boulogne-sur-Mer. Ils ont été reconnus coupables d’avoir participé à un réseau d’aide au passage des migrants du nord de la France vers le Royaume-Uni, via la Manche.

Entre fin juin et début août, ils ont effectué 500 passages entre la France et le Royaume-Uni, par la mer. Un Syrien et trois Kurdes irakiens ont été jugés coupables lundi 6 décembre d’aide à l’immigration clandestine, selon une information de France Bleu. Les trois hommes ont écopé de peines de prison allant d’un à quatre ans par le tribunal de Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France.

Les autorités estiment le chiffre d’affaires total du réseau à 1,3 millions d’euros.

Au moment de leur interpellation près de Calais, la police avait retrouvé dans le véhicule des trois accusés des bouées et un migrant prêt à traverser la Manche. Dans leurs téléphones, les policiers avaient découvert de nombreuses vidéos, dont l’une montrant des migrants arrivés en Angleterre qui les remercient.

Les policiers avaient aussi mis la main sur un carnet contenant plus de 150 noms. En face de chaque nom se trouvait un montant en euros. La somme totale dans le document était de 174 000 euros.

1 500 passeurs arrêtés depuis le début de l'année

Les trois hommes ne sont pas considérés comme étant à la tête du réseau, mais comme des intermédiaires. À plusieurs reprises, ils ont fondu en larmes et ont nié avoir organisé des passages clandestins. Selon un de leurs avocats, "on ne peut pas mettre sur le même plan les têtes pensantes et les petites mains qui font les comptes, réparent les moteurs des bateaux, font le taxi. Certains participent au réseau pour pouvoir payer leur propre ticket pour les côtes anglaises", écrit la radio locale.

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Mais pour la présidente du tribunal, "quelles que soient les raisons, vous avez fait monté des gens sur des bateaux sur lesquels vous, vous ne seriez pas monté. C'est ça être passeur."

Depuis le début de l’année, 1 500 trafiquants ont été arrêtés en France, avait annoncé le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin au lendemain de la mort de 27 migrants dans la Manche, qui avait provoqué une onde de choc européenne. "C’est un travail titanesque (…) Il faut bien se rendre compte qu’on parle de réseaux internationaux qui ressemblent beaucoup à ceux des terroristes, qui utilisent des téléphones cryptés", avait-il précisé.

 

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