Deux hommes kurdes marchent dans une forêt de l'est de la Pologne, le 4 décembre 2021. Crédit : Reuters
Deux hommes kurdes marchent dans une forêt de l'est de la Pologne, le 4 décembre 2021. Crédit : Reuters

Le corps d'un homme a été retrouvé par des soldats polonais, dans une forêt de l'est du pays, tout près de la frontière avec la Biélorussie, a annoncé mercredi la police locale. Il s'agit au moins du 14e décès survenu des deux côtés de la frontière, depuis le début de cette crise migratoire, cet été.

Un drame de plus. Mercredi 8 décembre, la police polonaise a annoncé que des soldats avaient trouvé le corps d'un homme, dans une forêt de l'est de la Pologne, à quelques kilomètres de la frontière avec la Biélorussie.

Le corps, découvert "près d'Olchowka dans la commune de Narewka", se trouvait près d'un sac à dos et d'un passeport nigérian, a précisé la police.

Il s'agit au moins du 14e décès survenu des deux côtés de la frontière depuis le début, cet été, de la crise migratoire entre l'Union européenne (UE) et la Biélorussie. La crise s'est intensifiée le mois dernier avec la hausse des arrivées de migrants, en provenance notamment de pays du Moyen-Orient et d'Afrique, tentant de traverser la frontière.

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Des associations caritatives ont averti que le bilan des morts à la frontière pouvait être plus élevé : les températures glaciales qui règnent actuellement rendent les traversées particulièrement dangereuses et peuvent mener à des drames.

Or, des centaines de personnes se trouvent toujours en Biélorussie et espèrent passer en Pologne pour rejoindre l'ouest de l'Europe. Les garde-frontières ont indiqué qu'un groupe de 35 migrants avait réussi, avec l'aide de militaires biélorusses, à se frayer un passage pour traverser la frontière durant la nuit de mardi 7 à mercredi 8 décembre. Tous les membres du groupe ont été arrêtés et renvoyés de l'autre côté de la frontière, ont-ils précisé.

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Une enfant de 4 ans portée disparue

La veille, plusieurs exilés avaient également été refoulés vers la Biélorussie par des garde-frontières polonais. Parmi eux se trouvaient les parents d'une petite fille irakienne de 4 ans qui est, depuis, portée disparue.

Le 3 décembre, une Irakienne, mère de cinq enfants, avait succombé à une septicémie dans un hôpital polonais. Avin Ifran Zahir avait perdu, quelques jours plus tôt, en traversant la frontière, son fils dont elle était enceinte de 24 semaines. L'enfant a été enterré dans le cimetière musulman de Bohoniki. Il s'agit de la plus jeune victime de la crise migratoire.

L'Union européenne, les États-Unis et le Canada ont annoncé la semaine dernière de nouvelles sanctions économiques, dénoncées par Moscou, contre le régime du président biélorusse Alexandre Loukachenko.

Les pays occidentaux accusent Minsk d'avoir orchestré l'afflux aux frontières de la Pologne, de la Lituanie et de la Lettonie de milliers de migrants afin de se venger de précédentes sanctions imposées pour punir la répression brutale d'un mouvement de contestation contre le régime d'Alexandre Loukachenko en 2020.

Varsovie a accusé les autorités biélorusses d'avoir acheminé ces migrants jusqu'à sa frontière et de les avoir incités à forcer la clôture de barbelés, leur fournissant parfois des outils pour le faire. Minsk a rejeté ces accusations et reproché à Varsovie de refouler violemment les migrants ayant réussi à passer la frontière.

 

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