Des affaires abandonnées dans un bois près de la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. Crédit : Reuters
Des affaires abandonnées dans un bois près de la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. Crédit : Reuters

Le collectif d'associations polonaises Grupa Granica a alerté, mardi, sur la disparition d'une fillette irakienne de 4 ans. Elle se trouvait avec sa famille dans la zone frontalière, à l'est de la Pologne, lorsque ses parents ont été refoulés par les garde-frontières polonais. Ces derniers affirment avoir effectué des recherches terrestres et aériennes de la zone sans parvenir à repérer l'enfant.

"Où est Eileen ?" Le hashtag s'est propagé sur les réseaux après que le Grupa Granica, un collectif d'associations polonaises venant en aide aux exilés dans l'est du pays, a lancé l'alerte, mardi 7 décembre. Eileen, une petite Irakienne de 4 ans, a disparu dans la nuit du 6 au 7 décembre, lorsque ses parents ont été arrêtés et refoulés en Biélorussie par des garde-frontières polonais.

L'enfant aurait été à ce moment-là emmenée par des adultes, qui se déplaçaient avec elle et ses parents. Eux n'ont pas été refoulés côté biélorusse. Depuis, les parents, dont les téléphones ont été détruits par les Biélorusses au moment de passer la frontière, sont sans nouvelle de leur fille. "La fillette a été vue pour la dernière fois du côté polonais [de la frontière], autour de Nowy Dwór", a indiqué le Grupa Granica dans un long message sur sa page Facebook.

Selon le média polonais Wyborcza, la porte-parole des garde-frontières de la région frontalière de Podlasie a admis que des militaires patrouillaient dans la région de Nowy Dwór dans la nuit du 6 au 7. "Un groupe de six étrangers a été expulsé, mais il n'y avait pas d'enfant parmi eux ", a-t-elle assuré.

Températures glaciales

L'inquiétude est immense tant pour les parents de la fillette que pour les associations alors que les températures atteignent désormais les -10 à -15 degrés dans la zone. "Nous exigeons que les services polonais lancent immédiatement des actions de recherche, trouvent Eileen et traduisent en justice les personnes qui ont commis l'expulsion", a appelé mardi le Grupa Granica.

"Si la situation impliquait un enfant polonais, tous les services de recherche auraient été mobilisés. Eileen n'est recherchée par aucun de ces services. Actuellement, seul un groupe de résidents de la zone d'exclusion effectue des recherches. En 60 minutes, nous pouvons envoyer jusqu'à 100 volontaires pour balayer la forêt et chercher un enfant. Tout ce dont nous avons besoin, c'est de l'autorisation pour entrer dans la zone rouge".

Sur Twitter, le compte officiel des garde-frontières polonais a indiqué, de son côté, que "des recherches terrestres et aériennes avaient été effectuées dans la zone [mardi], après que des activistes ont transmis l'information [de la disparition de la fillette] au bureau du défenseur des droits humains". "Aucun enfant n'a été repéré" vers Nowy Dwór, ont-ils affirmé, précisant avoir utilisé des lunettes de vision nocturne.

Des centaines de personnes se trouvent toujours à proximité de la frontière, en Biélorussie, avec l'espoir de passer en Pologne, puis de rejoindre l'ouest de l'Europe. Les autorités biélorusses les incitent désormais à passer en Pologne ou bien à rentrer dans leur pays. Farhad, un Kurde d'Irak qui vit dans un hangar près de Brozgui, a raconté à InfoMigrants avoir observé plusieurs visites dans le hangar de ce qu'il décrit comme étant des membres des services de renseignement. "Ils disent qu'on doit passer en Pologne ou retourner dans notre pays. Mais il fait presque -10 degrés et c'est très difficile de franchir la frontière. Il y a des soldats polonais partout", rapporte le jeune Irakien.

Environ 400 personnes ont quitté la Biélorussie, mardi, à bord d'un neuvième vol de rapatriement à destination de l'Irak. En tout, plus de 3 500 exilés ont déjà été rapatriées depuis le début de cette crise migratoire aux portes de l'UE, débutée cet été.

 

Et aussi