La rivière Dragonja sert de frontière naturelle entre la Croatie et la Slovénie. Crédit : Flickr CC
La rivière Dragonja sert de frontière naturelle entre la Croatie et la Slovénie. Crédit : Flickr CC

Une petite fille turque de 10 ans est morte dans la Dragonja, la rivière qui sépare la Croatie de la Slovénie, à seulement 30 km de l'Italie. Elle était sur les épaules de sa mère, qui tentait de gagner l'autre rive, lorsqu'elle a été happée par le courant.

Elle était recherchée depuis sa disparition, le 9 décembre dernier. Une petite fille turque de 10 ans est morte noyée dans la rivière Dragonja, frontière naturelle entre la Slovénie et la Croatie, dans le nord-ouest de l’Istrie. Le 11 décembre, son corps a été retrouvé sous l’eau, à deux mètres de profondeur, et à 400m du lieu de sa disparition, a précisé Suzana Sokač, une représentante de la police, au média slovène Dvevnik.

Une cinquantaine de personne au total - des policiers, des pompiers, des chiens de sauvetage, et des plongeurs de l'armée slovène - avaient entrepris des recherches le long de la rivière jusqu’à son embouchure dans la mer Adriatique, durant deux jours.

La petite fille avait disparu, alors que sa famille tentait de traverser la rivière pour gagner la Slovénie, sur l’autre rive. Elle a été emportée par les eaux alors qu'elle se trouvait sur les épaules de sa mère.

Cette dernière est quant à elle saine et sauve. Elle a réussi à s’accrocher à un arbre et n’a pas été emportée par le courant, "très fort à cet endroit", indique le journal italien L’Espresso. Cette femme de 47 ans a réussi à grimper sur une échelle tendue par un policier croate et un policier slovène, et à sortir de l’eau, selon un communiqué de la police. "Elle était à moitié consciente, comme si elle était prise de convulsions, a raconté un habitant. Elle a de la chance d'être en vie".

Les policiers ont également pu sauver ses trois autres enfants. Ses deux garçons de 18 et 5 ans avaient réussi à traverser la rivière et ont été interceptés côté slovène. Son troisième garçon, âgé de 13 ans, était encore sur la rive croate. C’est lui qui a donné l’alerte, en allant chercher de l’aide auprès d’un riverain. "Il ne connaissait pas un mot d'anglais. Il était mouillé et a juste crié : ‘Help ! Help !’", a expliqué l'habitant.

La rivière Dragonja est à seulement 30km de Trieste, en Italie. Crédit : Google map
La rivière Dragonja est à seulement 30km de Trieste, en Italie. Crédit : Google map

Une étape sur la route des Balkans

D’après ce riverain, la zone autour de la rivière Dragonja est régulièrement fréquentée par les migrants. ''Mais quand ils voient la lumière et les gens, ils s'éloignent", a-t-il déclaré, en ajoutant que ce n'était pas la première fois qu'il aidait des exilés en détresse.

Selon L'Espresso, la zone, où des clôtures de fils barbelés ont été érigées par endroits, est désormais une étape pour de nombreux migrants afghans, pakistanais et bangladais, qui font chemin sur la route migratoire des Balkans. Traverser la Dragonja de la Croatie à la Slovénie leur permet d’entrer dans l’espace Schengen, et de se rapprocher de l’Italie. Une fois la frontière passée, la ville italienne de Trieste n’est plus qu’à 30 km.

>> À (re)lire : En Slovénie, une clôture "de la honte" à la frontière croate

La semaine dernière, le corps d’un homme bangladais de 31 ans avait été retrouvé au même endroit, après avoir traversé le cours d’eau. Une autopsie a été ordonnée pour déterminer la cause du décès. Mais les premières constatations indiquent qu'il est mort d'hypothermie, un jour avant d’avoir été retrouvé, avait déclaré à InfoMigrants un porte-parole du département de police de Koper. Ce jour-là, les températures étaient négatives.

Le 1er janvier 2020, un corps avait été retrouvé près de là, à Socerb, à la frontière slovène : celui d’un Algérien de 29 ans, décédé après une chute dans un précipice.

Depuis quelques années, la frontière entre la Slovénie et la Croatie, longue de 670km, est très surveillée. La police y patrouille régulièrement, appuyée par des drones, des caméras thermiques et des hélicoptères. "Lorsque des migrants tentent de fuir, ils courent dans plusieurs directions et les drones permettent aux policiers de les suivre et de les appréhender plus facilement", avait déclaré le ministère de l’Intérieur slovène en juin 2020.

D’après le porte-parole de la police de Koper, une ville slovène au bord de l'Adriatique, la surveillance des frontières et les opérations de contrôle se sont poursuivies au cours de ces 18 derniers mois.

 

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