Image d'archives d'un camp de migrants à Paris. Crédit : Picture alliance
Image d'archives d'un camp de migrants à Paris. Crédit : Picture alliance

Le camp de migrants installé près du parc de Bercy, dans le 12e arrondissement de la capitale a été évacué mercredi matin par les autorités. Plus de 300 personnes ont été "mises à l’abri" dans des centres d’hébergement, a indiqué la préfecture d’Ile-de-France dans un communiqué. C’est dans ce campement informel que deux Soudanais avaient été agressés à l’arme blanche la semaine dernière.

"Les services de la préfecture de la région Ile-de-France et de la préfecture de Paris ont procédé ce mercredi 15 décembre à la mise à l’abri de 331 personnes présentes à Bercy", dans le 12e arrondissement de Paris. Dans un communiqué, les autorités ont indiqué avoir démantelé dans la matinée un campement de migrants, près du palais omnisports, où vivaient depuis des semaines des centaines d’exilés.

La veille, l’association France terre d’asile, qui effectue les comptages à la rue pour l’État, avait recensé 80 tentes dans le quartier.

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Les 331 migrants ont été acheminés dans des centres d’hébergement en Ile-de-France ou en région, où leur statut administratif sera évalué. Ils seront ensuite transférés en fonction de leur situation vers "des hébergements adaptés".

Cinquante-deux personnes "en famille" présentes sur les lieux au moment de l’évacuation n’ont en revanche pas pu bénéficier de l’opération et ont été "orientées vers des accueils de jour" de la capitale, précise la préfecture.

Plus de 7 000 migrants mis à l'abri depuis le début de l'année

Le camp de Bercy a été le théâtre la semaine dernière d’une violente agression. Un homme a été arrêté après avoir blessé deux migrants– dont un grièvement – à l’arme blanche et dégradé six tentes de ce lieu de vie. Une enquête a été ouverte mais les motivations de l’agresseur de sont pas encore connues à ce stade.

Après l’incident, les exilés étaient "effrayés et traumatisés", avaient déclaré des membres associatifs à InfoMigrants. Ces derniers s’étonnaient qu’aucune mise à l’abri n’ai été organisée à la suite de cette agression.

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"Il était plus qu'indispensable qu'une mise à l'abri rapide soit opérée sur ce campement, sur lequel survivaient dans des conditions indignes des dizaines de personnes exilées depuis le mois de juillet, pour la plupart, et sur lequel a eu lieu une agression au sabre", a déclaré à l’AFP Pierre Mathurin, un responsable parisien d’Utopia 56, qui effectuait des maraudes dans le camp.

"On peut cependant regretter le fait qu'il ait fallu que ce drame survienne pour que les pouvoirs publics prennent enfin leurs responsabilités", a-t-il déploré.

De son côté, la préfecture rappelle que 7 197 migrants ont été mis à l'abri dans le cadre de 27 opérations de ce genre, depuis le début de l'année. La dernière remonte au 10 décembre quand 233 personnes, dont des femmes, des enfants et des mineurs non accompagnés, ont été évacuées par les forces de l'ordre et "mises à l'abri". Elles vivaient depuis un mois et demi sous un tunnel du 19e arrondissement de Paris dans des conditions déplorables.

 

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