Un gilet de sauvetage abandonné en mer Égée en 2016. Crédit : Picture alliance
Un gilet de sauvetage abandonné en mer Égée en 2016. Crédit : Picture alliance

Malgré les moyens importants déployés par les autorités, trois migrants sont morts après que leur embarcation a coulé, au large de l'île de Folegandros. Douze rescapés ont pu être sauvés, mais de nombreuses personnes sont toujours portées disparues.

Quatre navires des garde-côtes, trois hélicoptères de la marine et de l'armée de l'air, un avion militaire de transport, et onze navires à proximité. Tous sont mobilisés pour retrouver les occupants d’un bateau de migrants qui a fait naufrage mardi 21 décembre, au large de l’île de Folegandros, en mer Égée. L’alerte a été donnée dans la soirée, le jour du drame.

Trois corps sans vie, des hommes, ont été retrouvés le lendemain, près de l’endroit où le canot a pris l’eau, au sud des Cyclades. D’après l’AFP, 12 personnes - sept Irakiens, trois Syriens et deux Égyptiens - ont par ailleurs pu être secourues. Seuls deux d’entre elles portaient des gilets de sauvetage au moment du naufrage. Elles ont été hospitalisées par précaution sur l'île de Santorin.


L'île de Folegandros est située dans le sud des Cyclades, en pleine mer Égée. Crédit : Google map
L'île de Folegandros est située dans le sud des Cyclades, en pleine mer Égée. Crédit : Google map


"Cependant, de nombreuses personnes sont toujours portées disparues", a déclaré le porte-parole des garde-côtes, Nikos Kokkalas, à la chaîne publique ERT, en précisant que les recherches pour les retrouver se poursuivaient. Selon certains témoignages, 32 migrants avaient pris place à bord du bateau. Mais d'après certains rescapés, ils seraient plutôt une cinquantaine, a déclaré à l'AFP un responsable des garde-côtes.

De plus en plus de départs de la Turquie vers le sud de l'Italie

Selon ERT, l’embarcation est partie de Turquie, destination l’Italie. Sur le chemin, elle aurait subi une avarie de moteur, et a rapidement pris l’eau. Quelques personnes, les survivants, ont alors "réussi à monter sur un canot qui était attaché au (plus gros) navire", a fait savoir Nikos Kokkalas.

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La mer Égée est une route habituelle pour les migrants souhaitant rejoindre l’Union européenne. Mais l'augmentation des patrouilles et les refoulements, souvent violents, vers la Turquie poussent les exilés à suivre des itinéraires plus longs, sur des navires plus gros. Ce qui augmente considérablement les risques de naufrages sur cette route très empruntée en mer Méditerranée.

L’île de Folegrandos n’est pas, par exemple, une destination habituelle pour les migrants, d’après l’agence de presse AP. D’autres canots contournent désormais quant à eux les îles grecques, et "se dirigent directement vers l’Italie".

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Naviguer en mer Égée sur une embarcation de fortune reste très dangereux pour les exilés. Le 26 octobre, quatre enfants sont morts dans le naufrage de leur bateau au large de l'île grecque de Chios, tout près des côtes turques. Selon les garde-côtes, l’embarcation était "surchargée", et malgré le vent fort, aucun des occupants n'avait reçu de gilet de sauvetage par les passeurs. Vingt-deux personnes avaient tout de même pu être secourues.

"Une prison à ciel ouvert"

Selon le Haut-commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR), environ 8 500 demandeurs d'asile sont arrivés en Grèce en 2021, pour la plupart par le nord-est de la Turquie. Pour ceux qui sont interceptés en mer et emmenés sur les îles grecques, difficile alors de poursuivre leur projet d’exil. À Samos, Kos ou Leros, les exilés sont désormais cloîtrés dans des centres fermés et ultra-sécurisés, isolés du reste de la population.

Les structures de Kos et Leros, inaugurées le 27 novembre dernier, sont entourées de barbelés. Des caméras de surveillance ont été installées, et des portails métalliques contrôlent les entrées des demandeurs d’asile avec des badges électroniques et leurs empreintes digitales. Le nouveau centre de Samos est quant à lui une "véritable prison à ciel ouvert" pour Médecins sans frontières (MSF).

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D’après les ONG présentes en Grèce, ces camps "compliquent l'inclusion sociale" des demandeurs d’asile. "Ils risquent d'avoir moins de chance de trouver des opportunités d'emplois sur place ou d'avoir les moyens d'améliorer leur apprentissage de la langue grecque", déplorait en septembre Vagelis Stratis, responsable des programmes de l’International rescue committe (IRC), à InfoMigrants. "Ce type de centre n’aide pas les gens à s'intégrer".

 

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