Des exilés attendent à bord du Sea-Eye 4 de se voir attribuer un port sûr, le 21 décembre 2021. Crédit: @UnitedforRescue via Twitter
Des exilés attendent à bord du Sea-Eye 4 de se voir attribuer un port sûr, le 21 décembre 2021. Crédit: @UnitedforRescue via Twitter

Le navire humanitaire de l'ONG allemande Sea-Eye va débarquer, ce vendredi 24 décembre, dans le port sicilien de Pozzallo. Près de 219 rescapés se trouvent à son bord. En revanche, le Geo Barents et l'Ocean Viking, transportant respectivement 458 et 114 personnes, sont toujours en attente d'un lieu sûr.

Le Sea-Eye 4, de l'ONG allemande éponyme, doit débarquer ce vendredi 24 décembre dans le port de Pozzallo, en Sicile. La nouvelle intervient après sept jours en mer, avec 219 rescapés à bord.

Le navire humanitaire a porté assistance à 223 exilés la semaine dernière lors de quatre opérations de sauvetage. Il naviguait, depuis, au large de la Sicile. Parmi les personnes secourues, on comptait 29 femmes, dont sept enceintes, ainsi que huit enfants.

Selon l'équipe médicale qui a pris en charge l'ensemble des passagers, un enfant avait un bras cassé, un second, un doigt cassé. Deux femmes enceintes souffraient de douleurs à l'estomac. Plusieurs rescapés ont été soignés suite à une hypothermie ainsi qu'à des brûlures chimiques dues au mélange du carburant et de l'eau de mer.

Quatre évacuations sanitaires avaient dû être effectuées durant la semaine d'attente en mer, indique l'ONG. Les personnes avaient été transférées et prises en charge par les secours italiens en raison de leur état de santé.

176 rescapés supplémentaires à bord du Geo Barents, toujours bloqué en mer avec l'Ocean Viking

Du côté de l'Ocean Viking, navire de SOS Méditerranée, et du Geo Barents, de Médecins sans frontières (MSF), l'attente se poursuit.

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Le Geo Barents a secouru 76 personnes supplémentaires, tôt dans la matinée du jeudi 23 décembre, et 100 autres le lendemain matin. Ces derniers sauvetages font monter le nombre de rescapés présents à bord à 558. Jusqu'ici, 382 personnes avaient été secourues lors de plusieurs interventions menées vendredi 17, mardi 21 et mercredi 22 décembre au large de la Libye. "Ils sont épuisés et nombre d’entre eux souffrent de blessures aux jambes", indiquait alors MSF.

Quant à l'équipage de l'Ocean Viking, il prend actuellement en charge 114 migrants à bord. Ces derniers ont été secourus jeudi 16 décembre dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone). "Parmi les rescapés, il y a plusieurs femmes, 27 mineurs non-accompagnés, deux enfants de deux et huit ans, et deux nouveau-nés", alerte Maria, une médecin de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge, présente à bord.

L'Ocean Viking a envoyé, à six reprises, une demande de port sûr aux autorités maritimes compétentes, explique SOS Méditerranée dans un communiqué. "Dans ce froid et dans des espaces confinés, la situation ne peut qu'empirer d'heure en heure", y affirme aussi Luisa Albera, coordinatrice des recherches et du sauvetage à bord. "Nous connaissons trop bien les implications de ces situations difficiles. Elles entraînent de graves conséquences, une détresse psychologique aiguë et une détérioration croissante de la santé physique. Nous devons débarquer maintenant."

Le Sea Watch 3, qui vient quant à lui d'arriver en Méditerranée centrale a porté assistance à 93 personnes vendredi matin. L'équipage avait repéré "le bateau en bois au sud de Lampedusa", indique l'ONG allemande éponyme. Le navire humanitaire continue sa route vers les côtes libyennes pour porter secours à d'autres embarcations en détresse en mer.

La route migratoire la plus meurtrière au monde

Cent soixante-trois exilés ont par ailleurs perdu la vie vendredi 17 et samedi 18 décembre dans le naufrage de leur embarcation près de la Libye. "Une nouvelle dramatique", avait annoncé Flavio Di Giacomo, porte-parole de l’Organisation internationale des migrations (OIM), mardi 21 décembre à InfoMigrants. Plusieurs corps ont également été retrouvés par le Croissant rouge sur des plages du pays.

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Cette nouvelle tragédie porte à 1 508 le nombre de morts en Méditerranée centrale depuis janvier 2021. L’an dernier, 999 personnes avaient péri dans cette zone, réputée pour être la route migratoire la plus meurtrière au monde.

 

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