Plus de 300 hommes, majoritairement irakiens, se trouvaient cet été dans le camp de Rudninkai, en Lituanie. Crédit : InfoMigrants
Plus de 300 hommes, majoritairement irakiens, se trouvaient cet été dans le camp de Rudninkai, en Lituanie. Crédit : InfoMigrants

Un premier vol charter entre Vilnius et Bagdad a décollé dimanche de Lituanie. A son bord, 93 ressortissants irakiens qui, contre 1 000 euros, ont accepté de rentrer dans leur pays d'origine. Les autorités lituaniennes se félicitent de cette coopération entre l'Union européenne et l'Irak.

Après les annonces, la mise en pratique. Dimanche 2 janvier, un vol vers l’Irak avec à son bord 98 ressortissants irakiens a décollé de Lituanie, a écrit le ministère des Affaires étrangères du pays dans un communiqué.

Il s'agit du premier vol charter au départ de Vilnius pour renvoyer dans leur pays d'origine des migrants - volontaires - qui ont traversé illégalement la frontière depuis la Biélorussie voisine.

A la mi-décembre, les autorités lituaniennes avaient annoncé offrir 1 000 euros aux personnes se portant volontaires pour quitter le pays - au lieu de 300 euros promis jusqu'à présent.

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"Depuis le début de la crise migratoire, nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires de l'Union européenne (UE), entretenant des contacts réguliers avec le gouvernement irakien", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Gabrielius Landsbergis. "Nous apprécions la coopération constructive [des autorités irakiennes] dans la délivrance de documents à leurs ressortissants souhaitant rentrer".

"Tripler le montant de l'aide au retour a payé"

Même enthousiasme pour sa consœur de l'Intérieur. "Nous avons réussi à mettre un terme à la migration irrégulière, et les étrangers qui sont entrés illégalement en Lituanie et dans l'UE doivent être renvoyés dans leur pays d'origine", a déclaré la ministre Agnė Bilotaitė. "La décision de tripler le paiement de l'État pour le retour migrants a payé et on voit déjà le résultat".

Cette enveloppe de 1 000 euros sera valable jusqu'au 20 janvier 2022 et ne s'appliquera qu'aux migrants en situation irrégulière séjournant actuellement en Lituanie, précise encore le communiqué. La plupart de ces versements sont financés via l'aide de la Commission européenne à la Lituanie pour gérer la crise migratoire.

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L'avion qui a décollé dimanche se dirigeait vers Bagdad et Erbil. Beaucoup de ses passagers avaient récemment été hébergés dans les centres d'enregistrement des étrangers à Pabradė et Kybartai, ainsi qu'à Medininkai et au centre d'accueil des réfugiés à Rukla. Pendant le vol, les migrants étaient accompagnés d'agents du Service national des gardes-frontières et d'interprètes.


Des migrants enfermés dans le centre de Pabradé en Lituanie, le 6 juillet 2021. Crédit : Reuters
Des migrants enfermés dans le centre de Pabradé en Lituanie, le 6 juillet 2021. Crédit : Reuters


Seules 54 personnes ont obtenu le statut de réfugié depuis le début de la crise

Selon Vilnius, 537 migrants sont déjà rentrés dans leur pays d'origine depuis la Lituanie, dont 482 volontairement. Il y a actuellement 3 166 étrangers vivant dans les cinq centres d'enregistrement des étrangers du pays.

Depuis l'été, des milliers de migrants, principalement originaires du Moyen-Orient, mais aussi d'Afrique, sont entrés dans le pays. Ces arrivées illégales ont également concerné la Lettonie et la Pologne.

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Jusqu'à présent la Lituanie n'a accordé le statut de réfugié qu'à 54 personnes, parmi les 3 272 migrants qui en ont fait la demande. Les autorités lituaniennes affirment que l'expulsion est une procédure longue et coûteuse, et qu'elle n'aboutit pas toujours, les pays d'origine pouvant refuser d'accepter les migrants. Selon Vilnius, la prise en charge d'un seul migrant coûte à la Lituanie 11 000 euros par an.

 

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