Photo d'archives de migrants dans un camp à Calais. Crédit  : EPA
Photo d'archives de migrants dans un camp à Calais. Crédit : EPA

À la suite de violents affrontements survenus entre forces de l'ordre et migrants à Calais le 30 décembre, un migrant soudanais a été relaxé mercredi par le tribunal de Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France. Les heurts avaient fait plusieurs blessés, notamment du côté des policiers, en marge d'un démantèlement particulièrement brutal.

Un migrant soudanais de 19 ans vivant à Calais a été relaxé par le tribunal de Boulogne-sur-Mer mercredi 5 janvier, après avoir été accusé de violences envers des policiers. Il risquait une peine de six mois de prison dont un ferme. Le jeune homme avait été interpellé le 2 janvier par les forces de l'ordre, trois jours après des affrontements qui ont fait plusieurs dizaines de blessés parmi les policiers et au moins trois chez les exilés. 

>> A (re)lire : À Calais, nouvel épisode de violence lors d'une évacuation de campement

Ces violences sont survenues le 30 décembre lors du démantèlement d'un camp, mené de manière encore plus brutale qu'à l'accoutumée. D’après Human rights observers, 32 tentes avaient été confisquées ce jour-là et les migrants n'avaient pas été autorisés à récupérer leurs affaires. En réaction, un groupe d'exilés avait jeté des pavés, des parpaings, des pierres, tandis que les forces de l’ordre jetaient des bombes lacrymogènes. L’un des CRS blessés s’est vu prescrire une interruption temporaire de travail de 60 jours après une triple fracture du tibia péroné, rapporte la Voix du Nord

"Usage totalement disproportionné de la force"

La relaxe du migrant fait suite à un manque d'éléments probants contre lui. "Vous ne pouvez pas condamner mon client alors qu’il a été reconnu trois jours plus tard", a plaidé l'avocate du jeune Soudanais lors de l'audience, selon des propos rapportés par le journal local. "De plus, il ne peut être responsable de l’ensemble de ces violences." L'avocate a également pointé des différences dans la tenue vestimentaire de l’exilé en question entre les dates du 30 décembre et du 2 janvier qui empêcheraient son identification formelle. 

Cette décision du tribunal a suscité l'indignation du côté des policiers, "dégoûtés" que la justice n'apporte pas "une réponse ferme afin de contribuer à renforcer l’autorité des forces de l’ordre", toujours selon la Voix du Nord.

De leur côté, les associations qui viennent en aide aux migrants dans le Calaisis pointent les violences quasi quotidiennes perpétrées par les forces de l'ordre sur les exilés. Le 30 décembre, Human rights observers avait dénoncé "la violence d'État".

"Il faudrait plutôt condamner un usage totalement disproportionné de la force à l'encontre des personnes qui n'ont rien. Des personnes exilées qui ce matin ont été chassées et gazées par les CRS, empêchées de récupérer leurs tentes, dont la majorité avaient été volées et détruites", avait réagi l'association, interpellant le préfet du Pas-de-Calais.

 

Et aussi