La police patrouille le long du littoral, à Wimereux, près de Calais, le 25 novembre 2021. Crédit : Reuters
La police patrouille le long du littoral, à Wimereux, près de Calais, le 25 novembre 2021. Crédit : Reuters

Le nombre de migrants secourus au large de Calais et pris en charge par l'État a triplé en 2021, année record des tentatives de traversées clandestines de la Manche, a indiqué lundi l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

En 2021, le nombre de migrants secourus au large de Calais et pris en charge par l'État a triplé, a indiqué lundi 10 janvier l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii).

"Le nombre de personnes naufragées au large de Calais et mises à l'abri a été de 1 002 en 2021", contre 341 en 2020, soit une augmentation de 194 %, a annoncé l'Ofii. Cette prise en charge représente "un effort financier qui ne cesse d'augmenter", a déclaré le directeur général de l'organisation, Didier Leschi.

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Par ailleurs, le nombre de personnes vivant sur des campements de fortune sur le littoral nord qui ont été "mises à l'abri et orientées dans le dispositif national d'accueil a été de 31 103" l'an dernier, en hausse de 239 % par rapport à 2020 (9 172), indique encore la même source.

Parmi ces exilés, la part de personnes en famille ou "vulnérables" a doublé, passant de 1 158 à 2 273.

Au total, souligne l'Ofii, 9 779 places d'hébergement ont été proposées en 2021, essentiellement dans les Hauts-de-France (98 %) et 6 950 personnes ont été hébergées.

"Hystérisation des débats sur l'immigration"

Cette hausse des prises en charge survient alors que l'année 2021 a enregistré un record des tentatives de traversées clandestines de la Manche, avec plus de 28 000 personnes ayant réussi à rejoindre les côtes anglaises. Fin novembre, 27 migrants à bord d'une embarcation de fortune ont trouvé la mort dans le naufrage le plus meurtrier sur cette voie maritime. Seuls deux candidats à l'exil ont survécu lors de ce drame et font partie du millier de migrants pris en charge l'an dernier.

"Ne pas prendre en compte les efforts de l'État pour prendre en charge la situation complexe de Calais, c'est participer de l'hystérisation des débats sur l'immigration", a assuré Didier Leschi, qui mène depuis octobre dernier une mission de médiation à Calais pour le compte du gouvernement. 

"Les gens veulent rester sur le littoral"

De leur côté, les associations qui viennent en aide aux migrants dans la région accusent régulièrement les autorités de mener une politique dissuasive sur le littoral. Plusieurs militants avaient observé une grève de la faim entre octobre et la mi-novembre 2020, pour réclamer un moratoire sur les démantèlements quasi-quotidiens de campements et dénoncer le traitement "inhumain" réservé aux exilés.

En décembre, des humanitaires interrogés par InfoMigrants pointaient déjà une augmentation du dispositif de mises à l'abri, tout en doutant de l'efficacité de ce dernier. En effet, selon eux, les migrants ne veulent pas aller dans des centres éloignés de la ville et qui ne correspondent pas à leur statut administratif.

"Les exilés ne vont pas dans les CAES [centre d’accueil et d’examen de la situation, ndlr] car ils sont destinés aux demandeurs d’asile. Or la plupart des personnes à Calais sont dublinées ou déboutées de leur demande d’asile", avait assuré Pierre Roques de l’Auberge des migrants. "Les gens veulent rester sur le littoral, ils sont là pour aller en Angleterre, pas pour se retrouver à des dizaines de kilomètres des côtes", avait renchéri pour sa part Marguerite Combes, coordinatrice d’Utopia 56. "Quand il y a urgence humanitaire, il faut les héberger là où ils sont, à Calais."

 

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