150 migrants squattent une ancienne résidence pour personnes âgées à Thiais, en région parisienne, depuis octobre. Crédit : DR
150 migrants squattent une ancienne résidence pour personnes âgées à Thiais, en région parisienne, depuis octobre. Crédit : DR

À Thiais, en région parisienne, un squat de 150 migrants installé dans une ancienne résidence pour personnes âgées depuis octobre est visé par une procédure d’expulsion. Une cinquantaine de femmes et 16 enfants, originaires d’Afrique de l’ouest, se trouvent dans ce lieu.

À Thiais, dans le Val-de-Marne, un squat de 150 migrants, installé depuis octobre dans une ancienne maison de retraite, pourrait bientôt être évacué. Le 5 janvier, un tribunal administratif a en effet décidé que les occupants devaient être expulsés en raison de l'état des locaux, jugés dangereux.

Les occupants - en grande partie des migrants sans-papiers - sont en majorité des couples et des familles, dont une cinquantaine de femmes et 16 enfants. Ils sont issus de Côte d’Ivoire, du Mali, du Sénégal, de Mauritanie et de Guinée. Dans ces locaux, ils ont trouvé un toit qu’ils n’avaient pas.

"Certains étaient auparavant victimes de marchands de sommeil, d’autres dormaient à la rue, d’autres encore étaient hébergés chaque nuit chez une personne différente", commente Romain Prunier, l’un des responsables de l’association United Migrants, qui intervient dans ce squat deux fois par semaine.

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La décision du tribunal se base sur un rapport établi à la suite d’une visite de sécurité menée par des sapeurs pompiers, en novembre. Il avait alors été établi que les lieux étaient sur-occupés et qu’une partie des personnes avait investi un sous-sol, inapproprié à l'habitation en raison notamment de l’absence d’issue de secours. "Les alarmes anti‐incendie ne fonctionnent plus, […] il existe de nombreuses fuites d’eau et la chaufferie est utilisée sans contrôle ni autorisation grâce à l’ouverture du barrage gaz situé à l’extérieur du bâtiment", avait en outre estimé la commission de sécurité.

Une décision "caduque"

Contacté par InfoMigrants, Romain Prunier certifie de son côté que ce constat n’est plus d’actualité. "Cette décision est caduque, indique-t-il. En novembre, une trentaine de personnes vivaient effectivement dans un sous-sol mais, depuis, ils se sont installés ailleurs. Les gens se sont serrés dans les étages pour leur faire de la place."

Dans chacune des 73 chambres de la résidence dorment environ deux personnes. Les migrants restants ont investi les parties communes. Une dizaine de personnes ont par ailleurs quitté le squat depuis décembre, assure le militant.

L'association United Migrants espère que la ville de Paris, propriétaire des lieux, déposera un recours contre cette décision d'expulsion. En attendant, la nouvelle a été prise avec calme par les premiers intéressés. "Les habitants ne sont pas stressés car ils savent que ce qui est reproché ne représente pas la réalité", affirme encore Romain Prunier. Les migrants n’ont d’ailleurs, pour l’heure, reçu aucune information concernant cette procédure d’expulsion.

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Reste que les problèmes liés à l'état du bâtiment sont réels. La mairie de Paris a d’ailleurs engagé une rénovation des locaux, dont l’abandon, il y a quelques mois, s’est fait pour "des raisons de commodités" et non d’insalubrité. 

"Les fuites, c’est incommodant, oui, mais ça reste beaucoup mieux que la rue", tranche Romain Prunier.

 

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