Des migrants font la queue pour recevoir un repas, à Bruzgi, en Biélorussie, le 22 décembre 2021. Crédit : Reuters
Des migrants font la queue pour recevoir un repas, à Bruzgi, en Biélorussie, le 22 décembre 2021. Crédit : Reuters

Les garde-frontières polonais ont annoncé avoir arrêté plusieurs personnes accusées d'avoir participé à un trafic de migrants de la Pologne vers l'Europe occidentale. En demandant de l'argent aux migrants, le groupe criminel aurait récupéré plusieurs millions d'euros, selon les autorités polonaises.

Ils auraient récupéré 3 000 euros de la part de chaque personne qu'ils auraient fait passer de la frontière polono-biélorusse vers l'Europe occidentale. Plusieurs personnes accusées d'avoir organisé un trafic de migrants ont été interpellées par les autorités polonaises, selon des informations de la télévision publique polonaise

Les mis en cause sont des ressortissants polonais, géorgiens, ukrainiens, syriens et tunisiens. Ce trafic a généré des revenus s'élevant à plusieurs millions d'euros. "Les personnes officiant comme trésoriers dans le groupe ont distribué une somme considérable pour l'activité du groupe criminel, 8,7 millions d'euros", a déclaré Arthur Szykula, le porte-parole du bureau du procureur. "Les seuls transporteurs ont reçu plus de 4,3 millions d'euros", a-t-il ajouté.

L'Europe de l'ouest comme objectif

Selon la police aux frontières polonaise, la plupart des migrants arrivés dans le pays n'avaient pas l'intention de rester en Pologne. Ils ont donc payé ces trafiquants dans l'espoir de quitter l'Europe de l'est. "90% d'entre eux veulent se rendre dans d'autres pays, principalement en Europe de l'ouest", a précisé Anna Michalska, porte-parole des garde-frontières polonais, interrogée par la télévision publique polonaise.

Depuis cet été, des milliers d'exilés ont afflué à la frontière biélorusse dans l'espoir d'entrer dans l'Union européenne (UE). Des centaines d'entre eux sont retournés dans leur pays d'origine. Depuis la mi-novembre, près de 4 000 Irakiens, bloqués aux abords des frontières polonaises, lituaniennes et lettones, ont été rapatriés chez eux, a annoncé dimanche le ministère irakien des Affaires étrangères.

>> À (re)lire : Farhad : "Les Biélorusses nous ont posé un ultimatum, soit on passe en Pologne, soit on retourne en Irak"

Reste que beaucoup de migrants continuent de vivre dans des camps côté Biélorussie, dans des températures glaciales et des conditions alarmantes.

Une zone très difficile d'accès

Cette crise aux portes de l'Europe s'enlise depuis son déclenchement, à l'été 2021. L'UE accuse la Biélorussie de l'avoir créé de toutes pièces en représailles aux sanctions imposées par Bruxelles contre Minsk après les élections contestées de 2020. Selon l'UE, la Biélorussie a facilité le passage de migrants venus d'Irak, de Syrie ou encore d'Afghanistan en leur délivrant des visas pour entrer dans les États membres. Minsk rejette ces accusations, et reproche à l'Europe de ne pas accueillir ces migrants sur son sol.

Pour freiner les arrivées, la Pologne a construit un mur de barbelés et massé des milliers de soldats le long des 400 kilomètres de frontière. L'accès à la zone est interdit à toute personne non résidente, y compris aux ONG et aux avocats.

L'ONU, qui souhaite enquêter sur la crise en cours, a regretté, le 21 décembre dernier, ne pas avoir reçu d'autorisation de la part de la Pologne et de la Biélorussie pour accéder à la zone frontalière.

 

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