Des migrants dans le centre de détention d'Ain Zara, à Tripoli, le 12 octobre 2021. Crédit : Reuters
Des migrants dans le centre de détention d'Ain Zara, à Tripoli, le 12 octobre 2021. Crédit : Reuters

Le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) a publié un communiqué dimanche pour affirmer qu’aucun programme d’évacuation ou de réinstallation n’était effectué depuis les centres de détention libyens. Des rumeurs circulaient depuis plusieurs jours en Libye. Des migrants s’étaient rendus devant la prison d’Ain Zara, à Tripoli, pour tenter de se faire enregistrer auprès du HCR.

"Le HCR [Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés] ne procède pas à l’enregistrement en détention, ni à aucune procédure d’évacuation ou de réinstallation". Dans un communiqué, publié dimanche 16 janvier, l’agence onusienne a souhaité "clarifier la situation". Ces derniers jours, plusieurs migrants se sont présentés devant la prison d’Ain Zara, à Tripoli, pour se faire enregistrer auprès du HCR en vue d’une évacuation du pays.

C’est dans cette même prison que des centaines de migrants, qui campaient depuis trois mois devant les locaux de l’organisation pour réclamer leur réinstallation dans un pays tiers, ont été envoyés dimanche 9 janvier.

Visite du HCR à Ain Zara pour identifier les besoins des migrants

Après cette évacuation musclée, le HCR et l’Organisation internationale des migrations (OIM) ont effectué une mission conjointe à Ain Zara afin d’identifier les besoins des personnes détenues. Mais aucune activité d’enregistrement n’est organisée depuis ce centre, insiste le communiqué.

Les équipes de l’agence permettent parfois, de manière exceptionnelle, la libération de certains migrants enfermés dans les prisons du pays. Les personnes libérées bénéficient alors d’un ensemble d’assistance comme "une aide en espèce pour couvrir les frais d’hébergement, la fourniture d’articles non alimentaires et de kits d’hygiène, l’aide alimentaire et l’accès aux bilans de santé", peut-on lire dans le document.

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À noter que ce genre de procédure est extrêmement rare. Elle est soumise à l’approbation des responsables des prisons et doit faire l’objet d’un "plaidoyer vigoureux", selon la porte-parole de l’agence en Libye, Caroline Gluck. Elle concerne principalement les personnes dites vulnérables (femmes, enfants, malades).

Par ailleurs, "la libération de détention n'entraîne pas automatiquement une évacuation ou une réinstallation", martèle le HCR.

"La souffrance des migrants est notre responsabilité à tous"

Les centres libyens sont régulièrement critiqués par les humanitaires. Les exilés y sont victimes de travaux forcés, de violences physiques et sexuelles, de torture ou encore de privation de nourriture. La prison d’Ain Zara n’échappe pas à ce terrible constat.

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Lors d’une visite dans ce centre de détention, le 15 janvier, la ministre libyenne des Affaires étrangères a rencontré plusieurs migrants, dont des enfants. Najla El Mangoush a affirmé que "la souffrance des migrants est notre responsabilité à tous".

Ce déplacement a pour but de faire taire "les critiques sur les pratiques honteuses et les graves violations des droits des réfugiés et des demandeurs d'asile" vivant en Libye, a réagit sur Twitter David Oliver Yambio, l'un des porte-voix de la contestation devant les locaux du HCR. Ce Soudanais est, depuis la fin de l'occupation, recherché par les autorités libyennes qui le considèrent comme le porte-parole des manifestants. "S’ils m’arrêtent, ils vont me tuer", a-t-il déclaré à InfoMigrants.

 

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