Des membres de la Border force britannique aident des migrants à débarquer d'un navire, dans le port de Douvres, le 5 août 2021. Crédit : Reuters
Des membres de la Border force britannique aident des migrants à débarquer d'un navire, dans le port de Douvres, le 5 août 2021. Crédit : Reuters

Les autorités britanniques ont intercepté, près de leurs côtes, 168 migrants, répartis dans 26 embarcations de fortune, au cours de la seule journée de mardi 18 janvier. Suite aux nombreuses arrivées de ces derniers jours, l'armée pourrait être déployée en mer d'ici la fin du mois.

Malgré des conditions de navigation difficiles en plein hiver, les exilés ne renoncent pas à prendre la mer dans la Manche. Mardi 18 janvier, 168 personnes réparties dans 26 embarcations de fortune ont été secourues par les garde-côtes britanniques. Elles ont été prises en charge près du littoral et ramenées au port de Douvres, dans le sud de l’Angleterre.

De l’autre côté du détroit, ce même jour, les autorités françaises ont porté assistance à 126 passagers qui avaient pris place dans trois petits bateaux.

En réaction, le sous-secrétaire d'État parlementaire en charge de l'immigration Tom Pursglove a fustigé "les gangs criminels", payés par les migrants pour traverser la Manche. "Les personnes fuyant les persécutions devraient rechercher la sécurité dans le premier pays sûr qu'elles atteignent et ne pas risquer leur vie", a-t-il ajouté.

Des traversées meurtrières

Depuis le 1er janvier, les arrivées d'exilés sur les côtes britanniques sont quasi quotidiennes. Samedi 15 janvier, 197 personnes sur six bateaux ont traversé la Manche, a indiqué le Home office (équivalent britannique du ministère de l'Intérieur). Elles ont rejoint les 271 migrants, dont plusieurs enfants en bas âge, arrivés deux jours plus tôt à bord de dix embarcations. Au même moment, 60 naufragés étaient pris en charge côté français, lors de deux opérations de secours.

En 2021, 28 000 personnes au total sont arrivées au Royaume-Uni depuis le littoral français, contre 8 400 en 2020.

>> À (re)lire : Plus de 28 000 personnes ont traversé la Manche en 2021, un record

La traversée de la Manche reste "une des voies de navigation les plus dangereuses et les plus fréquentées au monde", prévient la BBC. Les drames y sont nombreux. Vendredi, un jeune exilé d'une vingtaine d'années, a priori soudanais, est décédé à la suite d'une tentative de traversée de la Manche avec une trentaine d'autres personnes. D'après une source proche de l'enquête en cours, les migrants se trouvaient sur "un canot semi-rigide" et pourraient avoir été piégés par la marée.

Le 24 novembre, 27 migrants, dont des mineurs, sont morts dans le naufrage de leur bateau, après avoir quitté la France depuis la commune de Loon-Plage. Ils avaient attendu plusieurs heures dans l’eau glacée, avant que les secours n’interviennent. Seuls deux exilés ont survécu.

Un nouveau projet de loi en discussion au Royaume-Uni

Pour empêcher les arrivées de migrants sur le sol britannique, un projet de loi est actuellement en discussion au Parlement. D’après Tom Pursglove, "il érigera en infraction pénale le fait d'arriver sciemment au Royaume-Uni illégalement et introduira des peines d'emprisonnement à perpétuité pour ceux qui facilitent l'entrée illégale dans le pays".

Mais d’après un rapport rédigé par un comité de députés, "les réformes du système d'asile du gouvernement, telles que proposées dans le projet de loi sur la nationalité et les frontières, ne respecteraient pas les obligations du Royaume-Uni en matière de droits de l'Homme".

Le rapport prévient : "Légiférer et créer différentes catégories de réfugiés en fonction de la manière dont ils sont arrivés au Royaume-Uni est incompatible avec la Convention sur les réfugiés et constituerait potentiellement une violation discriminatoire des droits de l'Homme", cite le correspondant local de la BBC, Simon Jones sur Twitter.

À plus court terme, les autorités britanniques n’excluent pas de mobiliser l’armée en mer, d’ici la fin du mois de janvier. D’après le journaliste, "la commission de la défense tiendra une réunion la semaine prochaine sur l'utilisation de l'armée pour contrer les passages de migrants dans la Manche. Elle cherchera à établir quels moyens seront déployés, quelles seront les règles d'engagement et combien de temps l'opération devrait durer".

De son côté, la Royal navy a déjà assuré qu'elle ne prendrait pas part à une opération d'éloignement des embarcations de migrants en mer mais continuerait à participer au secours des personnes en difficultés dans la Manche.

 

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