Ces derniers jours, trois navires humanitaires ont effectué plusieurs opérations de sauvetage en Méditerranée, portant à 709 le nombre de personnes à leur bord. Crédit : MSF
Ces derniers jours, trois navires humanitaires ont effectué plusieurs opérations de sauvetage en Méditerranée, portant à 709 le nombre de personnes à leur bord. Crédit : MSF

Le Geo Barents, le Louise Michel et le Mare Jonio ont porté assistance ces deux derniers jours à 709 personnes en détresse au large de la Libye. Dans le même temps, au moins 12 migrants ont perdu la vie en Méditerranée centrale.

Les opérations de secours ont une nouvelle fois été nombreuses ces derniers jours en mer Méditerranée. Trois navires humanitaires ont porté assistance à 709 migrants en détresse dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone), au large des côtes libyennes, mercredi 19 et jeudi 20 janvier.

À bord du Geo Barents, le bateau de Médecins sans frontières (MSF), se trouvent désormais 439 personnes. On compte par ailleurs 62 exilés sur le Louise Michel de l’artiste Banksy et 208 autres sur le Mare Jonio, du collectif Mediterranea.

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Le Geo Barents a effectué cinq opérations de sauvetage. La dernière remonte à vendredi matin quand 76 migrants ont été pris en charge par les équipes de MSF. Jeudi soir, 67 personnes "entassées sur un petit bateau en bois dangereux" avaient déjà pris place sur le navire humanitaire, peut-on lire sur la page Twitter de l’ONG médicale. Plus tôt dans la journée, 209 exilés, répartis dans deux canots, avaient déjà été secourus par le navire. La veille, le Geo Barents avait porté assistance à 87 migrants.

Parmi les rescapés, beaucoup sont originaires du Bangladesh et du Pakistan. Plusieurs personnes ont été traitées sur le bateau pour des cas d’hypothermie légère.

Le Louise Michel, quant à lui, a secouru jeudi 62 migrants, dont plusieurs enfants et bébés.

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Le Mare Jonio a de son côté effectué deux opérations de sauvetage aux premières heures jeudi : une embarcation avec 101 personnes et une autre avec 107 exilés. Parmi eux se trouvent plusieurs femmes, des mineurs et deux enfants de moins d’un an.

Le navire de Mediterranea a demandé jeudi soir l’autorisation d’accoster en Italie. Le Mare Jonio est ancré devant le port de Lampedusa, dans l’attente de pouvoir "débarquer dans les plus brefs délais", indique le collectif. Le Louise Michel et le Geo Barents naviguaient également vendredi matin près de l'île italienne.

Dans le même temps, 233 personnes, réparties sur cinq embarcations parties de Libye, ont atteint Lampedusa jeudi par leurs propres moyens. Un corps a été retrouvé dans un de ces canots, selon l’ONG Mediterranean Hope.

Le même jour, 11 exilés ont perdu la vie au large des côtes tunisiennes et 21 ont été secourus par les autorités. "Selon les témoignages, il y avait 32 migrants à bord, tous Tunisiens. Nous en avons sauvé 21 et avons rapidement repêché un premier corps", a précisé à l'AFP Houssem Eddine Jebabli, porte-parole de la garde nationale tunisienne.

Depuis, d'après lui, les garde-côtes ont "repêché trois corps supplémentaires dont celui d'une fillette", âgée d'une dizaine d'années, d'après des médias locaux. "Les opérations de recherche pour retrouver d'autres disparus se poursuivent", a ajouté le porte-parole.

La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires (Ocean Viking, Sea Watch, Mare Jonio...) sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde.

 

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