Un jeune homme dans un camp d'exilés, près de Dunkerque, le 13 janvier 2022. Crédit : Reuters
Un jeune homme dans un camp d'exilés, près de Dunkerque, le 13 janvier 2022. Crédit : Reuters

Trois Irakiens soupçonnés d’avoir organisé des départs de migrants depuis le littoral français vers le Royaume-Uni ont été arrêtés et placés en détention provisoire dans l’attente de leur procès, a indiqué, vendredi, le parquet de Dunkerque. Ils doivent être jugés le 11 mars.

Ils sont soupçonnés d’avoir organisé le départ de migrants vers le Royaume-Uni sur des petites embarcations, depuis les côtes françaises. Trois personnes, de nationalité irakienne, ont été arrêtés et écroués, a indiqué à l’AFP le parquet de Dunkerque, vendredi 28 janvier.

Ces trois hommes, qui n'ont "pas d'adresse fixe en France" et évoluent parmi les campements de migrants qui s’étendent sur le littoral et à Paris, étaient "surveillés depuis plusieurs mois" dans le cadre d'une enquête menée par la police aux frontières (PAF), a précisé la substitut du procureur de la République, Claire Gautier.

Ils ont été arrêtés lundi 24 janvier pour deux d'entre eux, jeudi pour le troisième, et devaient être jugés vendredi en comparution immédiate mais leur procès a été renvoyé au 11 mars, a-t-elle ajouté, confirmant une information de la Voix du Nord.

Les trois hommes ont été placés en détention provisoire dans l’attente de leur procès. Ils seront accusés de mise en danger de la vie d'autrui et d'aide à l'entrée ou au séjour irréguliers en bande organisée, commis entre mai 2021 et janvier 2022. L'un d'entre eux serait un récidiviste.

"Il leur est reproché d'être un réseau, ou une partie d'un réseau, de mise à l'eau de 'small boats'", s'occupant de la "gestion des clients, de l'approvisionnement en bateaux et en carburant, de l'organisation des passages sur les plages", a détaillé la magistrate.

Responsabilité des passeurs

Après le naufrage qui avait causé la mort de 27 migrants le 24 novembre, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait pointé la responsabilité des passeurs et évoqué notamment un renforcement de l'arsenal pénal à leur encontre.

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Entre janvier et fin novembre, 1 500 trafiquants avaient été arrêtés en France, selon Gérald Darmanin. "C’est un travail titanesque (…) Il faut bien se rendre compte qu’on parle de réseaux internationaux qui ressemblent beaucoup à ceux des terroristes, qui utilisent des téléphones cryptés", avait-il signalé.

Début décembre, un Syrien et deux Kurdes irakiens avaient été interpellés et condamnés à des peines de prison allant d’un à quatre ans, par le tribunal de Boulogne-sur-Mer. Au moment de leur interpellation, près de Calais, la police avait retrouvé, dans le véhicule des trois accusés, des bouées et un migrant prêt à traverser la Manche. Dans leurs téléphones, les policiers avaient découvert de nombreuses vidéos, dont l’une montrant des migrants arrivés en Angleterre qui les remerciaient.

Les policiers avaient aussi mis la main sur un carnet contenant plus de 150 noms. En face de chaque nom se trouvait un montant en euros. La somme totale dans le document était de 174 000 euros.

Trois morts depuis le début de l'année

De leur côté, les associations venant en aide aux migrants sur le littoral français rejettent l'analyse du gouvernement qui fait peser la responsabilité uniquement sur les passeurs. Les associatifs estiment que ce sont surtout les difficiles conditions de vie des exilés à Calais et Grande Synthe qui les poussent à prendre la mer et mènent à des drames.

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Depuis janvier, trois personnes sont mortes dans la région en tentant de rejoindre l'Angleterre. Dernier décès en date : celui d'un homme - "probablement un migrant", d'après le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer - retrouvé le 25 janvier sur la rocade portuaire de Calais. La victime avait probablement été percutée par un camion car elle présentait les traces d’un "choc traumatique".

 

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