Des panneaux interdisent l'accès à l'un des ponts enjambant la rivière Bidassoa, qui marque le frontière entre Irun, en Espagne, et Hendaye, en France. Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants
Des panneaux interdisent l'accès à l'un des ponts enjambant la rivière Bidassoa, qui marque le frontière entre Irun, en Espagne, et Hendaye, en France. Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants

La préfecture des Pyrénées-Atlantiques a délivré un titre de séjour de trois mois à l’unique survivant de l’accident de Ciboure, près de la frontière franco-espagnole. En octobre dernier, quatre migrants, qui se trouvaient sur les voies ferrées, avaient été percutés par un train régional. Trois d’entre eux avaient perdu la vie, le quatrième avait été lourdement blessé et transporté à l’hôpital.

Il va pouvoir bénéficier d’un léger répit. Selon une information de BFM-TV, la personne qui a survécu à l’accident de TER survenu à Ciboure, en octobre dernier, a obtenu un titre de séjour temporaire.

Le 12 octobre à l’aube, quatre migrants algériens avaient été percutés par un train régional dans cette ville frontalière de l’Espagne alors qu’ils se trouvaient sur les voies ferrées. Trois d’entre eux étaient morts sur le coup. Le quatrième, lourdement blessé, avait été transporté au centre hospitalier de Bayonne. Les exilés s’étaient assoupis sur les rails peu de temps après avoir franchi illégalement la frontière franco-espagnole.

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L’unique survivant de ce "drame humain marquant et terrible", selon les mots du procureur de la République de Bayonne, est toujours soigné à l’hôpital. La préfecture des Pyrénées-Atlantiques lui a délivré, le 20 janvier, une autorisation de séjour, valable jusqu’au 19 avril.

Plainte contre X

Après l’accident de Ciboure, une enquête a été ouverte par le parquet de Bayonne. En parallèle, les familles des victimes et le seul survivant, épaulés par des associations, ont déposé une plainte contre X, début décembre, auprès du procureur de Bayonne, pour "homicides involontaires" et "administration de substances nuisibles". Les plaignants espèrent que cette action en justice permettra de lever les zones d’ombre de l’enquête.

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Ils s’interrogent notamment sur les causes de l’assoupissement des migrants et se demandent si les victimes et le rescapé n’ont pas été empoisonnés par un autre migrant présent sur les lieux, qui s’est enfuit après l’accident.

D’après BFM-TV, des analyses toxicologiques sont en cours afin de savoir si des somnifères ont été administrés aux exilés. Les résultats devraient être connus d’ici quelques semaines.

Des traversées de frontière risquées

Cette tragédie avait mis la lumière sur les risques que prennent les migrants pour atteindre la France depuis l’Espagne, en passant par le Pays basque. Pour échapper au renforcement des contrôles policiers dans la région, les exilés tentent désormais de rejoindre l’Hexagone en longeant la voie ferrée ou en traversant à la nage la rivière Bidassoa.

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Avec, pour certains, une issue dramatique. L’année dernière, au moins deux personnes sont mortes noyées dans la Bidassoa, près de la rive espagnole.

Depuis trois ans, environ 30 000 migrants ont atteint la France depuis la ville espagnole d'Irun, sans revenir sur leur pas, selon les chiffres de l’association Irungo Harrera Sarea.

 

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