L'Ocean Viking a porté secours à 228 personnes en Méditerranée centrale, entre les 12 et 13 février 2022. Crédit : Claire Juchat / SOS Méditerranée
L'Ocean Viking a porté secours à 228 personnes en Méditerranée centrale, entre les 12 et 13 février 2022. Crédit : Claire Juchat / SOS Méditerranée

Le navire de SOS Méditerranée a porté secours à 247 personnes, dont 54 mineurs, au cours de cinq opérations de sauvetage entre samedi après-midi et lundi.

Cinq opérations de sauvetage en trois jours. Entre les 12 et 14 février, l'Ocean Viking a porté assistance à 247 personnes, à bord de cinq embarcations. Parmi elles se trouvaient 54 mineurs, dont 52 étaient seuls.

La première intervention s'est déroulée samedi après-midi, dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone) maltaise, après la découverte de 93 personnes sur une embarcation en bois surchargée, a indiqué dans un communiqué SOS Méditerranée, qui affrète le navire humanitaire en partenariat avec la Fédération internationale des sociétés de la Croix rouge et du Croissant-Rouge (FICR).

Dans le courant de la nuit de samedi à dimanche, 88 autres migrants, dont un bébé, ont été pris en charge alors qu'ils se trouvaient sur un autre canot en bois surchargé, dans la zone de recherche et de sauvetage libyenne.

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Dimanche matin, l'Ocean Viking a repéré dans la zone maltaise une nouvelle embarcation en bois qui menaçait de prendre l'eau. Les 22 personnes qui s'y trouvaient sont toutes saines et sauves.

L'équipage a procédé, dimanche matin, à un quatrième sauvetage, toujours dans la zone maltaise, en recueillant à leur bord 25 exilés qui se trouvaient dans un bateau en fibre de verre en détresse dans les eaux internationales. Le navire humanitaire avait été alerté par le Colibri 2, un avion de l'ONG Pilotes volontaires qui apporte son aide aux opérations de sauvetage par l'observation aérienne.

La dernière opération de sauvetage a eu lieu lundi, dans la SAR zone libyenne. Dix-neuf personnes, dont deux femmes et trois mineurs non accompagnés, ont été secourus alors qu'ils se trouvaient sur un "bateau en fibre de verre" dans une mer agitée, "avec des vagues de plus d'un mètre", selon l'ONG.

Trois personnes disparues après une collision en mer

Les risques de naufrage sont grands en Méditerranée en raison de la mauvaise qualité des embarcations de migrants, mais aussi du trafic maritime. Vendredi soir, un bateau de pêche libyen a percuté un canot de migrants sur lequel se trouvaient 21 personnes, parties du village d'Abou Kammash, en Libye. Selon La Repubblica, "la personne qui se trouvait à la barre du canot a manœuvré pour s'approcher et demander de l'aide, mais l'approche s'est faite trop rapidement et trop brusquement et le canot a heurté violemment le flanc du bateau de pêche".

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Tous les occupants du bateau se sont retrouvés à l'eau, heureusement munis d'un gilet de sauvetage pour la plupart. Ils ont réussi à remonter sur le canot, précise le média italien, puis ont été secourus et amenés sur l'île de Lampedusa par des sauveteurs italiens. En revanche, trois personnes sont toujours portées disparues.

D'après le témoignage des rescapés, le bateau de pêche aurait poursuivi sa route sans s'arrêter à la suite de l'accident. "Les dynamiques de l'accident doivent encore être élucidées", a réagi sur Twitter Flavio di Giacomo, coordinateur de l'Organisation internationale des migrations (OIM) en Méditerranée centrale.

Les arrivées de migrants sont toujours importantes à Lampedusa. Samedi, quelques 400 personnes ont été secourues et amenées sur l'île. Au moins 120 migrants ont déjà perdu la vie en Méditerranée depuis le début de l'année 2022.

La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires (Ocean Viking, Sea Watch, Mare Jonio...) sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde.

 

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