À Kaboul, des Afghans attendent une distribution de pain, le 31 janvier 2022. La famine menace la population depuis la prise de pouvoir des Taliban et la fin de l'aide internationale. Crédit : Reuters
À Kaboul, des Afghans attendent une distribution de pain, le 31 janvier 2022. La famine menace la population depuis la prise de pouvoir des Taliban et la fin de l'aide internationale. Crédit : Reuters

La commission danoise pour l'asile a décidé, vendredi, que les ressortissants afghans déboutés du droit d'asile pourraient être renvoyés dans leur pays. Le gouvernement danois, qui défend une politique "zéro réfugié", avait déjà adopté la même position pour les réfugiés syriens.

Après la Syrie, l’Afghanistan. La commission danoise pour l’asile - l'instance qui examine les recours des demandeurs d'asile déboutés - a estimé, vendredi 11 février, que "l’amélioration de la situation" dans le pays, retombé aux mains des Taliban en août dernier, permettait d’y renvoyer les réfugiés afghans, a rapporté Le Monde.

En 2020, le Danemark avait déjà pris une décision similaire concernant les réfugiés syriens. Estimant que la situation à Damas était "suffisamment stable" pour permettre leur retour, l’administration avait cessé de renouveler les titres de séjour de centaines de Syriens installés dans le pays depuis des années.

Concernant l'Afghanistan, la commission a examiné deux cas "dont les détails n’ont pas été communiqués", mais qui concernent des demandeurs d’asile afghans", détaille Le Monde.

Alors que le premier a finalement obtenu l’asile, la demande du second a été rejetée. La commission s’est justifiée en affirmant "qu’il n’avait pas de raisons personnelles d’obtenir l’asile et qu’il pouvait ‘être expulsé de force vers l’Afghanistan s’il ne quitte pas volontairement le Danemark’".

"La situation sécuritaire générale en Afghanistan s’est améliorée depuis l’arrivée au pouvoir du régime taliban, il n’y a plus de conflit armé interne en général et [...] les conditions n’y sont pas d’une telle nature que toute personne courra un risque réel d’être victime d’abus ou de persécutions (…) du fait de sa simple présence en Afghanistan", estime encore la commission, citée par Le Monde.

Six mois au Danemark et toujours pas de titre de séjour

Les Afghans qui se voient refuser une protection au Danemark risquent de subir le même sort que les réfugiés syriens dont le titre de séjour n’a pas été renouvelé. "Une fois les possibilités d'appel épuisées, les déboutés ont jusqu'à trois mois pour quitter volontairement le pays avant d'être placés en centre administratif de rétention, à défaut d'être expulsés vers la Syrie en l'absence de relations diplomatiques entre Copenhague et Damas", détaillait InfoMigrants en mai dernier. À ce moment-là, le Danemark avait alors déjà retiré leur permis de séjour à 248 Syriens.

Comme la France, le Danemark avait suspendu à l’été 2021 les expulsions d’Afghans. À la suite de la prise de contrôle du pays par les Taliban, en août, Copenhague a évacué 907 personnes : des employés des services danois en Afghanistan et leurs familles.

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“Nous avons une responsabilité particulière envers ceux qui ont aidé le Danemark”, avait alors lancé le ministre de l’Immigration et de l’Intégration, le social-démocrate Mattias Tesfaye, cité par Courrier international. Mais selon les chiffres de l’immigration publiés par Politiken, six mois plus tard, seuls 256 d’entre eux ont obtenu une protection.

Le quotidien danois a interrogé Mohammed, un Afghan qui travaillait comme chef de la sécurité de l’ambassade du Danemark à Kaboul. Après six mois à attendre un titre de séjour dans un centre pour demandeur d’asile, il a décidé de quitter le pays avec sa famille et de tenter sa chance au Royaume-Uni. 

 

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