Des bateaux utilisés pour la traversée de l’Atlantique en direction des Canaries. Crédit : Reuters
Des bateaux utilisés pour la traversée de l’Atlantique en direction des Canaries. Crédit : Reuters

Un groupe de 40 migrants a été secouru lundi dans l'océan Atlantique au large de la ville de Sidi Ifni, dans le sud du Maroc, après avoir passé neuf jours à la dérive. Deux personnes ont été retrouvées mortes à bord de l'embarcation.

Ils ont passé neuf jours, perdus, en mer. Un groupe de 40 migrants a été secouru lundi 21 février par les autorités marocaines dans l'océan Atlantique, au large de la ville de Sidi Ifni, dans le sud du Maroc. Ils étaient partis sur l'eau le 12 février dans l'espoir d'atteindre les îles Canaries. Deux personnes ont été retrouvées mortes à bord de l'embarcation.

Selon des informations obtenues par le chercheur marocain Ali Zoubeidi, spécialiste des migrations, et également relayées par le site d'informations Alyaoum24, le moteur du bateau sur lequel se trouvaient ces migrants était défectueux. Il est tombé en panne peu après leur départ. "Ils n'ont pas eu le temps d'atteindre les eaux internationales. Ils sont restés pendant tous ces jours au large des côtes marocaines", a expliqué Ali Zoubeidi, contacté par InfoMigrants.

L'embarcation a finalement été repérée par des pêcheurs.

Morts de faim et de soif

Toujours selon le chercheur, les rescapés sont de jeunes marocains âgés de 18 à 35 ans, pour la plupart originaires de la ville de Beni Mellal, située dans une région isolée au centre du pays d'où proviennent de nombreux candidats à l'exil. Au moins huit d'entre eux ont dû être transférés dans un hôpital après le sauvetage.

Les deux personnes décédées ont probablement succombé à la faim et à la soif durant ces neuf jours d'errance, d'après Ali Zoubeidi, sans que l'on sache exactement à quand remonte leur décès.

"Les familles des rescapés sont sous le choc", a encore affirmé Ali Zoubeidi, qui a été en contact avec ces dernières. "Elles pensaient que leurs enfants étaient arrivés aux Canaries. D'habitude, une traversée de ce genre prend environ trois jours."

Nouveau naufrage au large du Sahara occidental

Une autre embarcation, cherchant vraisemblablement elle aussi à rejoindre les Canaries, a par ailleurs fait naufrage mercredi 23 février près du littoral de la province d'Oued Eddahab, une zone du Sahara occidental administrée par le Maroc.

Trois migrants sont morts noyés dans le chavirement de ce bateau, ont annoncé les autorités marocaines, et 47 autres ont pu être secourus. Une opération de recherches a été lancée dans la zone pour tenter de retrouver d'éventuels survivants.

>> À (re)lire : Espagne : un mort et 16 disparus dans le naufrage d'une embarcation au large des Canaries

La route vers les Canaries, bien qu’extrêmement dangereuse en raison des courants, est davantage empruntée ces dernières années en raison du renforcement des contrôles en Méditerranée. En janvier, au moins 43 migrants ont péri dans le naufrage de leur embarcation au large de Tarfaya, là aussi dans le sud du Maroc.

En début d'année, l'ONG Caminando Fronteras avait dressé un bilan des drames migratoires survenus en 2021, en s’appuyant sur les appels des migrants ou de leurs proches via ses numéros d’urgence. L’association avait recensé 4 404 personnes mortes ou disparues sur les routes maritimes vers l’Espagne. L’immense majorité de ces migrants ont disparu en tentant d’atteindre les Canaries depuis le nord-ouest de l’Afrique.

 

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