Le Land de Brandebourg est celui qui ressente le plus grand nombre d'actes anti-réfugiés. Crédit : Picture alliance
Le Land de Brandebourg est celui qui ressente le plus grand nombre d'actes anti-réfugiés. Crédit : Picture alliance

L’Allemagne a enregistré près de 1 250 agressions contre des demandeurs d’asile l’année dernière, contre près de 1 700 en 2020, soit une baisse de 26%. La plupart de ces violences ont été commises par des sympathisants d’extrême droite.

Le nombre d’agressions contre les demandeurs d’asile a baissé de 26 % en 2021 par rapport à 2020. Près de 1 250 crimes et délits ont ainsi été enregistrées l’an dernier contre quasiment 1 700 en 2020 et près de 1 750 en 2019, selon des statistiques du ministère allemand de l’Intérieur, publiées par le journal Neue Osnabrücker Zeitung (NOZ) cette semaine.

Cette forte baisse serait notamment la conséquence des restrictions liées à la pandémie, selon le ministère.

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Il s’agit du niveau d'actes anti-migrants le plus bas depuis que les autorités ont commencé à suivre les violences d’extrême-droite contre les demandeurs d'asile en 2014. Ces statistiques comprennent les insultes, les dégradations matérielles ainsi que les agressions physiques.

En 2015, au moment de l’arrivée de centaines de milliers de migrants en Europe, l’Allemagne avait enregistré plus de 3 500 crimes et délits contre les demandeurs d’asile et réfugiés.

Explosifs, armes, incendies

Si la tendance générale est à la baisse, le nombre d’actes violents est resté quasiment aussi élevé qu’en 2020. Plus de 200 agressions physiques et attaques contre des centres d’accueil ont été commises l’an dernier.

Dans la plupart des cas, les demandeurs d’asile ont été attaqués alors qu'ils se trouvaient à l’extérieur de leur centre. Certains agresseurs ont eu recours à des explosifs, à des armes ou ont provoqué des incendies. Plus de 150 personnes ont été blessées dans ces attaques, selon le ministère de l’Intérieur. Dans le même temps, les autorités ont enregistré une vingtaine d’agressions contre des organisations d’aide au migrants et leurs bénévoles l’an dernier.

Selon la fondation de lutte contre le racisme et l’antisémitisme Amadeu Antonio, les chiffres réels seraient toutefois bien plus importants. L’organisation estime que de nombreux cas n'ont pas été enregistrés et que d'autres ont été mal catégorisés par la police, faussant ainsi les statistiques.

Ce constat est partagé par l’ONG d’aide aux migrants Pro Asyl, dont les bases de données montrent des écarts considérables avec les statistiques officielles.

Renforcer la protection des victimes

Dans un rapport d’une centaine de pages, la fondation appelle les autorités à renforcer la protection des victimes potentielles, à intensifier les investigations internes au sein des forces de sécurité, mais aussi à sensibiliser de façon systématique les juges et les agents de police aux crimes de haine et aux agressions racistes pour que les victimes osent se signaler davantage.

D'après le rapport, l’une des régions les plus touchées par ces violences est le Land de Brandebourg, dans l’est de l’Allemagne, où le nombre d’agressions anti-réfugiés par habitant est le plus élevé du pays.

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"Les personnes victimes de ces attaques sont venues en Allemagne pour demander une protection", commente Clara Bünger du parti d’extrême-gauche Die Linke. "Mais ce qu’elles ont trouvé ce sont de l’hostilité et de la violence raciste. Nous ne devons jamais nous habituer au fait que des personnes qui sont en fuite soient insultées, humiliées, attaquées ou blessées."

Clara Bünger appelle le gouvernement fédéral à développer des "concepts de protection plus adaptés" et de garantir un droit de séjour aux victimes de violences racistes.

 

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