Reem Alabali-Radovan a connu une ascension politique fulgurante | Photo : Christian Ditsch/epd/imago
Reem Alabali-Radovan a connu une ascension politique fulgurante | Photo : Christian Ditsch/epd/imago

Reem Alabali-Radovan, la nouvelle ministre d’Etat chargée de l’Intégration, vient également d’être nommée déléguée du gouvernement à la lutte contre le racisme.

Pour Reem Alabali-Radovan, "le racisme est un crime contre l'humanité". A seulement 31 ans, la ministre d’Etat chargée de l’Intégration vient d’être nommée déléguée du gouvernement en charge de la lutte contre le racisme, un poste qui n’existait pas jusqu’à présent en Allemagne au niveau fédéral.

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"Pour les personnes touchées, le racisme est une menace existentielle, car elles souffrent physiquement et mentalement", estime Reem Alabali-Radovan, en citant notamment la fusillade de la synagogue de Halle en 2019 et l'attaque d'extrême droite de Hanau en 2020, "des actes qui ne sont pas des faits isolés", selon elle, dans une interview à la télévision publique ZDF. "Le racisme est un danger pour notre pays, car il met à mal notre unité dans la diversité et notre démocratie. Nous devons tous être des antiracistes".


Reem Alabali-Radovan est née à Moscou de parents irakiens, venus en Russie pour y faire des études. Face à l’impossibilité de retourner en Irak par peur d’être persécutée par le régime de Sadam Hussein, sa famille fuit en Allemagne en 1996 et obtient l’asile dans la région de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, à l’est du pays.

Raam Alabali-Radovan a alors six ans. "Ce n’étaient pas mes meilleures expériences", se souvient-elle, dans une interview au site Tagesschau.de. Elle dit toutefois avoir rapidement appris l’allemand. "C’est venu parce que j'avais déjà du apprendre le russe et que j’avais des facilités avec les langues."

Après des études en sciences politiques et un travail de fin d’études sur la guerre en Syrie, Raam Alabali-Radovan intègre l’Institut d’études orientales allemand, avant de retourner en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale où elle s’engage dans un centre d’accueil pour réfugiés.

Puis s’en suit une carrière politique éclair : en 2018, elle dirige le bureau du ministère de l’Intégration de sa région, avant d’être elle-même désignée à ce poste en 2020.

Un an plus tard, lors des élections législatives fédérales de 2021, elle est élue députée avec les sociaux-démocrates du SPD, le parti du chancelier Olaf Scholz. Celui-ci la nomme aussitôt, en décembre dernier, ministre d’Etat chargée de l’Intégration, de l’Immigration et des Réfugiés.

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Désormais également en charge de la lutte contre le racisme, Reem Alabali-Radovan veut développer une nouvelle stratégie de diversité pour que les pouvoirs publics "relèvent la réalité de la société". La semaine dernière, elle a ainsi appelé à davantage de personnes issues de l’immigration parmi les officiers de police, les enseignants et les fonctionnaires de l’administration.

"L’Allemagne est déjà diverse et un pays d’immigration", affirme-t-elle sur Tagesschau.de. "D’ici cinq ans, je voudrais que cela soit vraiment visible dans les médias, en politique et dans les administrations publiques."

 

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