Le campement sous le tunnel du nord de Paris a été évacué le 3 mars 2022. Crédit : Utopia 56
Le campement sous le tunnel du nord de Paris a été évacué le 3 mars 2022. Crédit : Utopia 56

Pour la deuxième fois cet hiver, plusieurs centaines de migrants qui vivaient sous un tunnel dans le nord de Paris, à la lisière du Pré-Saint-Gervais, ont été évacués ce jeudi matin. La majeure partie - 498 personnes selon la préfecture - a été orientée vers des centres de mise à l'abri. Parmi ces personnes se trouvaient de nombreux mineurs isolés et des enfants en bas âge.

Plusieurs centaines de migrants - hommes, femmes et enfants - ont été évacués jeudi 3 mars, à l'aube, d'un campement de tentes installées dans un tunnel au nord de Paris. Ils ont été conduits vers des centres d'hébergement.

Ces exilés "étaient installées là depuis le 14 février", a précisé Pierre Mathurin, un responsable parisien de l'association Utopia56 qui apporte son aide à ces migrants. 

Une dizaine de cars des forces de l'ordre étaient présents. L'évacuation s'est déroulée dans le calme. Les migrants, prévenus en amont de l'évacuation, se tenaient prêts à partir dès 5h du matin.


Evacuation du campement du 19e arrondissement, le 3 mars 2022. Crédit : Utopia 56
Evacuation du campement du 19e arrondissement, le 3 mars 2022. Crédit : Utopia 56


"Les personnes attendaient les départs, elles avaient rassemblé et préparé leurs affaires", a ajouté de son côté Océane Marache, d'Utopia 56, également sur place. Plusieurs cars ont été dépêchés pour orienter les exilés vers différents centres d'accueil. "On a dit aux familles qu'elles seraient sans doute dirigées vers les régions [françaises], on les a rassurées. Beaucoup souhaitent rester à Paris pour la scolarité de leurs enfants, parce qu'elles y ont leurs habitudes".

498 personnes mises à l'abri selon la préfecture

Dans un communiqué, la préfecture de Paris affirme que 498 personnes ont été prises en charge, au total. Parmi celles-ci, "283 personnes en famille", et "215 hommes isolés" orientés vers des CAES franciliens.

Selon Utopia 56, les mineurs du camp ont également été orientés en CAES, des centres "pas adaptés" pour des enfants, dénonce l'association.

La presse a été tenue à l'écart de l'opération d'évacuation. 

En outre, une centaine de personnes, des hommes seuls exclusivement, n'ont pas pu être pris en charge. "Les forces de l'ordre les ont dispersés, dans le calme, sans violence", continue Océane Marache. "Ils sont repartis". Sans doute, ces hommes, qui ne vivaient pas dans le camp mais non loin à Pantin, avaient-ils eu vent d'une mise à l'abri et tentaient-ils leur chance.


Les forces de l'ordre ont encadré l'évacuation qui s'est déroulée dans le calme. Crédit : Utopia 56
Les forces de l'ordre ont encadré l'évacuation qui s'est déroulée dans le calme. Crédit : Utopia 56


Le tunnel est aujourd'hui complètement vide. "On a pu récupérer les tentes et les couvertures. Le campement est en train d'être nettoyé", a ajouté Océane Marache.

Couloirs de tentes

Depuis le mois de février, des exilés vivaient dans cet étroit tunnel situé dans le XIXe arrondissement de Paris. Leurs tentes recouvertes de bâches plastiques ou de couvertures étaient collées les unes aux autres sur trois rangées.

Des poussettes et des jouets d'enfants jonchaient le bitume. Les familles vivaient là dans des conditions indignes, aidées par quelques riverains qui apportaient de temps à autre des vivres et des couches, notamment.

>> À (re)lire : "On pensait qu’ici, c’était le paradis" : une centaine de mineurs isolés vivent dans un tunnel à Paris

Le 10 décembre 2021, plus de 230 personnes, pour beaucoup originaires d'Afrique, avaient été déjà évacuées de ce même tunnel. A l'époque, ils étaient environ 80 mineurs isolés à vivre dans le tunnel, entourés de deux murs recouverts de tags et d'un plafond d'à peine 2,50m de haut. 

 

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