Des réfugiés venus d'Ukraine accueillis à Chisinau, la capitale de Moldavie, le 5 mars 2022. Crédit : AP
Des réfugiés venus d'Ukraine accueillis à Chisinau, la capitale de Moldavie, le 5 mars 2022. Crédit : AP

Plus de deux millions d'Ukrainiens ont quitté leur pays. Parmi les pays limitrophes, la Moldavie est celui qui a accueilli le plus de déplacés proportionnellement à sa population. C'est un défi de taille pour cette nation parmi les plus pauvres d'Europe. Sa présidente a d'ailleurs récemment appelé la communauté internationale à plus de soutien.

JEUDI JOURNEE MOLDAVIE _Enrobé centres collecte de dons


Avec notre envoyée spéciale à Chisinau, Oriane Verdier

Chacun met la main à la pâte en apportant des dons ou en proposant des hébergements. La Moldavie, c’est un peu le petit frère de l'Ukraine. En tout cas, c'est comme ça que beaucoup de Moldaves la présentent.

C’est d’ailleurs le pays frontalier où les Ukrainiens trouvent une langue commune, le russe, pour discuter. Ici, la majorité de la population parle en effet russe et roumain.

À Chisinau, le centre culturel des cheminots s'est transformé en centre de collecte de dons. "Nous avons mis à disposition ce local qui est chauffé. Nous recevons des produits de première nécessité, explique une bénévole. Vous voyez, la femme a déjà installé le bébé dans la poussette, regardez comme ils sont contents. Moi aussi je suis mère et nous essayons de transmettre un peu de chaleur à ces gens."

Svetlana, qui vient d’entrer avec ses deux petites filles, est vêtue d’un simple jogging et de baskets. Il fait -2°, dehors. "Des connaissances ont loué un appartement pour nous. Mais nous avons besoin d’argent en général pour nous nourrir, pour nous habiller. Vous voyez ce que j’ai sur moi, c’est tout ce que j’ai. Nous avons fui sous les explosions, nous n’avons rien pu prendre avec nous."

Crainte d'un nouveau conflit en Moldavie

Derrière ce chaleureux élan de solidarité, on ressent également une population sous le choc. Il y a bien sûr la compassion avec les Ukrainiens qui arrivent ici et délivrent des témoignages terribles. Mais il y a aussi la proximité de la guerre. Certains habitants de Kishinau affirment entendre les bombardements sur la ville portuaire d’Odessa.

Un vieil homme est pour sa part venu déposer des sacs. "Nous sommes venus aider un peu les déplacés. Moi j'ai combattu lors de la guerre de Transnistrie. Je sais ce que signifie d'être dans le besoin", explique-t-il.

Cet homme, les larmes aux yeux, nous raconte la guerre de 1992 qui a opposé les séparatistes pro-russes au reste des Moldaves. Aujourd’hui, la Transnitrie, une bande de territoire le long de l’Ukraine, a déclaré unilatéralement son indépendance. Des armes et des militaires russes y sont présents. Il craint de devoir lui aussi reprendre les armes. D'autres comme lui craignent de bientôt passer du statut d'hôte à celui d'exilé.

 

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