Des réfugiés dans la "Jungle" de Calais en octobre 2016. Crédit : Medhi Chebil
Des réfugiés dans la "Jungle" de Calais en octobre 2016. Crédit : Medhi Chebil

Près de 180 réfugiés des régions Hauts-de-France et Île-de-France ont bénéficié d’un programme de formation débouchant sur un emploi dans des secteurs peinant à recruter. Fort de ce succès, l’État souhaite étendre le dispositif à un millier de réfugiés dans toute la France dès septembre prochain.

Alors que le gouvernement entend empêcher les migrants de se fixer à Calais , 79 réfugiés de l'ex-"Jungle" viennent de terminer dans en région Hauts-de-France une formation accélérée à la langue française et aux métiers en manque de main-d’œuvre, dans une expérimentation qui s'étendra à 1 000 réfugiés en septembre.

Ce Programme d'insertion par le logement, l'orientation et le travail (Pilot), chapeauté par le Fonds d'assurance formation du travail temporaire (FAF-TT) répondait à une demande du préfet du Nord.

Ces demandeurs d’asile, soudanais pour la plupart (avec quelques afghans et pakistanais) ont été sélectionnés lors du démantèlement de la "Jungle" de Calais en octobre 2016. Ils ont pu suivre une formation en français ainsi que des stages leur permettant, à terme, de travailler en entreprise.

"Nous sommes partis des besoins des entreprises, qui ont parfois du mal à recruter dans l’intérim, et qui étaient partantes pour donner un coup de pouce aux réfugiés", explique à Infomigrants Céline Rattez, déléguée inter formation du FAF-TT, qui a suivi l’expérimentation pour l’organisme.

Dans l’industrie, le bâtiment, la logistique, la maçonnerie, la peinture … L’insertion se fait via des emplois dans des secteurs où la main-d’œuvre manque.

La procédure de demande d'asile de ces hommes, logés et nourris dans des centres AFPA (Association pour la formation professionnelle des adultes) et non plus dans des centres d’hébergement d’urgence, a été accélérée.

"C’est Calais qui était très difficile"

Le programme Pilot s'enorgueillit d'avoir débouché sur un emploi pour 53 des participants, entre CDI intermittents, CDI d'insertion, CDD et intérim. La formation doit être approfondie pour 26 autres réfugiés.

"J'habite désormais à Cantin (Nord) depuis huit mois et je travaille pour Boulanger comme préparateur de commandes à Dourges (Pas-de-Calais). Au début le français c'était difficile, mais avec la pratique, cela va aller", a raconté à l’AFP Mohamed, un Soudanais de 27 ans. "C'est Calais qui était très difficile", estime celui qui a passé quatre mois passés dans la "Jungle ».

 En Île-de-France, une centaine de réfugiés ont pu bénéficier du même type d’accompagnement.

1 000 réfugiés bénéficieront du programme en septembre

Face au succès de ces expériences, l’État souhaite étendre le dispositif : 1 000 réfugiés de centres d'accueil répartis dans toute la France commenceront une formation similaire en septembre.

"Pour répondre à cet appel à projet, nous nous sommes groupés avec six autres OPCA (Organismes paritaires collecteurs agréés, qui gèrent la collecte des fonds dévolus à la formation des salariés, ndlr). Nous avons l’habitude de publics avec d’importants besoins de formation et nous sommes à même de mener un accompagnement global, ce qui fait de nous le bon interlocuteur", estime Margaux Brousse, chargée de mission sur le projet auprès de la FAF-TT.

Trois secteurs en manque de main-d’œuvre ont été identifiés : le bâtiment, l’industrie et les services. Les personnes sélectionnées seront formées entre six et neuf mois avant d’occuper un emploi. Mais contrairement au programme Pilote qui incluait des demandeurs d’asile, ce projet ne sera ouvert qu’aux personnes ayant obtenu le statut de réfugié et aux protégés subsidiaires.

Autre condition pour être admis dans le futur programme : avoir obtenu un Delf de niveau A1 (Diplôme Initial de Langue Française A1), c’est-à-dire posséder des rudiments de français. "Les expérimentations précédentes nous ont permis de comprendre qu’il était quand même compliqué de former rapidement des personnes qui n’ont strictement aucune maîtrise du français, c’est pourquoi ce niveau minimal sera requis", explique Margaux Brousse.


 


 

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