L'arrestation musclée d'un Sénégalais en Italie a suscité l'émoi au Sénégal. Capture d'écran vidéo
L'arrestation musclée d'un Sénégalais en Italie a suscité l'émoi au Sénégal. Capture d'écran vidéo

Dakar a dénoncé dimanche le "traitement raciste, inhumain et dégradant" infligé à un vendeur ambulant sénégalais à Florence, en Italie. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, on voit un homme africain parlant wolof être interpellé violemment en pleine rue par la police italienne, qui tente de lui passer des menottes. L'affaire a suscité l'émoi au Sénégal.

Une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux, et diffusée par la télévision sénégalaise privée TFM, a mis le feu aux poudres entre l’Italie et le Sénégal. On y voit un Africain être cloué violemment au sol en pleine rue par deux hommes semblant être des policiers en civil qui tentent de lui passer des menottes.

Les visages des protagonistes sont floutés et l’homme molesté appelle au secours en wolof, une des principales langues du Sénégal. Il finit par être immobilisé à l’aide d’une clef au cou puis au bras.

Alors que la polémique enflait, les autorités sénégalaises ont réagi dimanche 10 avril. "Le ministère des Affaires étrangères a appris, avec consternation, après authentification d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux (…) les violences dont a été victime un ressortissant sénégalais en Italie lors d’une interpellation par des forces de l’ordre dans la ville de Florence", peut-on lire dans un communiqué officiel.

"Actes d'une inqualifiable cruauté"

La diplomatie sénégalaise "dénonce et condamne fermement ce traitement raciste, inhumain et dégradant". Elle ajoute qu’elle a saisi le ministère italien des Affaires étrangères et que l’ambassadeur du Sénégal en Italie "rencontrera les autorités compétentes pour demander que toute la lumière soit faite sur cette affaire et que les auteurs de ces actes d'une inqualifiable cruauté soient (traduits en) justice et sanctionnés".

Le ministère italien des Affaires étrangères n'avait pas réagi lundi à la mi-journée.

Selon un journal local, le Corriere Fiorentino, l'incident s'est produit mardi 5 avril à Florence, en Toscane, lorsqu'un vendeur à la sauvette sénégalais a refusé de donner son identité et de remettre ses marchandises à la police avant de frapper deux agents.

Dans un communiqué publié samedi et faisant manifestement référence au même événement, mais sans donner la nationalité de la personne interpellée, la mairie de Florence indique qu'au cours d'un contrôle ce jour-là, "un vendeur abusif (...) a bousculé un agent et puis frappé (...) avec les poings un autre qui a tenté pour cette raison de l'immobiliser".

De même source, les deux agents ont eu une incapacité temporaire de travail (ITT) de "trois et cinq jours" à la suite de "lésions" tandis que l'homme interpellé "ne semble pas", lui, en avoir subi et "a demandé pardon aux personnes présentes pour son comportement violent".

Comme en Espagne, les vendeurs ambulants, pour la plupart originaires d'Afrique de l'ouest, sont nombreux en Italie et vivent des maigres revenus de cette activité. Ils se cachent de la police, au risque de se voir infliger une amende pour activité illégale. Ils se disent régulièrement confrontés au "harcèlement policier" et à la violation de leurs droits.

 

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