© AFP/Thomas Samson | Des fiches d'apprentissages des sons et des mots disposés sur les murs d'une classe d'école primaire française, en mars 2022.
© AFP/Thomas Samson | Des fiches d'apprentissages des sons et des mots disposés sur les murs d'une classe d'école primaire française, en mars 2022.

Depuis l’invasion russe et la guerre en Ukraine, environ 10 000 jeunes ont été accueillis et scolarisés en France, dont 4 000 à l’école primaire. Des enfants qui ne parlent pas français et qui ont un alphabet cyrillique, différent de l’alphabet latin. Rencontre avec Anna, petite Ukrainienne venue d’Odessa, à l’école primaire Paul Langevin aux Lilas, en région parisienne.

REP FRA 27-04-22 Anna petite ukrainienne école primaire

Il s’est produit un évènement à l’école primaire Paul Langevin : l’arrivée d’une petite Ukrainienne dans la classe de CP. Rubans dans les cheveux, des yeux vifs de petit écureuil, un sourire qui s’ouvre sur des dents qui poussent, Anna 6 ans a quitté la ville d’Odessa et un pays en guerre.

Ses camarades et l’enseignante Nelly Augérias l’ont accueillie chaleureusement. "Moi, j’aime bien les gens qui ont les cheveux blonds, aussi j’aime bien Anna", dit une élève. L’institutrice demande ce qui a changé depuis son arrivée. L’un des élèves lève la main et répond : "Quand elle est arrivée, elle pleurait parfois", répond le petit Nicolas. "Parce qu’elle voulait sa maman", ajoute-t-il. 

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"La séparation avec sa maman était difficile au départ. Elle pleurait beaucoup le matin. Il faut dire qu’en classe, le principal ce n'étaient pas les apprentissages, c’était qu’elle se sente bien", explique Nelly Augérias.

"Elle apprend beaucoup en regardant ce que font les autres"

La fillette est arrivée il y a trois semaines et immédiatement les enfants ont su communiquer entre eux. "On lui fait des signes, on a appris des mots en français à Anna", nous raconte un élève. On se risque à une démonstration en confiant le micro aux écoliers. Anna répète les phrases prononcées par les élèves, non sans rires collectifs remplis de tendresse. 

Toutes les méthodes sont bonnes pour apprendre le français, rappelle Nelly Augérias. "On voit les lettres de l’alphabet, les sons et des petits mots avec l’aide d’images. L’acquisition du vocabulaire se fait essentiellement par tous les rituels du matin et de l’après-midi, à travers les activités, le sport. Elle apprend beaucoup en regardant ce que font les autres."

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Le rôle de l’école pour les enfants réfugiés

En ce début d’après-midi, Anna est accompagnée par sa maman. De l’exode, de tout ce qui s’est joué avant, l’équipe enseignante sait peu de choses. Face au déracinement, aux traumatismes, l’école peut jouer un rôle de cocon, une parenthèse pour l’enfant.

"Les enfants savent que c’est compliqué pour Anna de repartir de zéro. Elle n’a pas voulu être ici en France. On travaille beaucoup en début d’année sur la différence et ils le savent les enfants que c’est une vraie richesse d’avoir quelqu’un de différent", souligne Nelly Augérias.

Au moment de partir, un dessin d’Anna nous interpelle, il s’agit d’un cœur immense colorié en rouge, la petite Ukrainienne a souhaité qu’on l’affiche sur la porte.

 

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