Des migrants à bord de l'Ocean Viking. Crédit : SOS Méditerranée
Des migrants à bord de l'Ocean Viking. Crédit : SOS Méditerranée

Le navire humanitaire de Médecins sans frontières a reçu l’autorisation, dimanche, d’accoster au port sicilien d’Augusta avec ses 101 migrants secourus. L’Ocean Viking de SOS Méditerranée n'a, lui, toujours pas reçu de réponse positive pour débarquer à terre les 295 exilés qui se trouvent à son bord.

Des cris de joie et des applaudissements ont retenti, dimanche 1er mai, à bord du Geo Barents. L’équipage du navire humanitaire de Médecins sans frontières (MSF) venait d’annoncer aux 101 migrants à bord leur débarquement prochain dans un port italien.

Le Geo Barents avait envoyé huit demandes d’attribution d’un lieu sûr avant d'obtenir une réponse positive dimanche. Lundi matin, le navire a pu accoster à Augusta, en Sicile, après plus d’une semaine mer. Les naufragés à bord, dont quatre jeunes enfants et une femme enceinte, avaient été secourus samedi 23 avril, au large de la Libye.

L'attente avait été "longue" et ressemblait à une "punition", avait insisté MSF sur son compte Twitter.

Vendredi, un migrant avait sauté à l’eau, las d’attendre un signe des autorités italiennes. La côte sicilienne visible depuis le navire humanitaire rendait l’attente encore plus insupportable pour les exilés.

"Des signes croissants de détresse psychologique"

Un autre bateau patiente toujours en Méditerranée. L’Ocean Viking n’a pas reçu l’autorisation de jeter l’ancre en Italie, malgré ses "neuf demandes de port sûr envoyées aux autorités". SOS Méditerranée, qui affrète le navire en partenariat avec la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), réitère sa "demande le débarquement immédiat".

Près de 300 personnes se trouvent à bord de l’Ocean Viking, après plusieurs opérations de sauvetage menées au large des côtes libyennes entre le dimanche 24 et le mercredi 27 avril. "Être retenu sans autorisation de débarquer après avoir frôlé la mort en mer est extrêmement éprouvant", avait alerté sur Twitter SOS Méditerranée, ajoutant que des rescapés montrent "des signes croissants de détresse psychologique".

Deux bateaux humanitaires sillonnent actuellement la Méditerranée centrale à la recherche d'embarcations en détresse. Le Sea Watch 4 et le Sea-Eye 4 sont arrivés dans la zone ces derniers jours, alors que les départs d'embarcations de migrants surchargés depuis la Libye ne connaissent pas de répit.

La Méditerranée centrale reste l'une des routes migratoires les plus meurtrières au monde. Depuis le début de l’année, au moins 550 migrants ont péri en mer dans cette zone maritime en tentant de rejoindre l’Europe sur des canots de fortune, d’après les données de l’Organisation internationale des migrations (OIM). L’an dernier, ce chiffre s’élevait à 2 048. Et au total depuis 2014, ce sont près de 24 000 personnes qui sont mortes ou ont disparues en mer.

La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires (Ocean Viking, Sea Watch, Mare Jonio...) sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde.

 

Et aussi