Un gilet de sauvetage en mer Égée. Crédit : Picture alliance
Un gilet de sauvetage en mer Égée. Crédit : Picture alliance

Les garde-côtes grecs ont secouru plus d'une centaine de migrants en mer Égée, dimanche. De nombreux enfants se trouvaient parmi les rescapés. Selon le communiqué des autorités, aucun mort n'est à déplorer.

Les garde-côtes grecs ont annoncé, dimanche 8 mai, avoir secouru 106 migrants, dont de nombreux enfants. Les naufragés se trouvaient à bord d'un voilier qui avait à moitié coulé en mer Égée.

Les exilés ont été découverts tard samedi près de l'île de Kos, à proximité de la côte turque, ont précisé les garde-côtes dans un communiqué. Selon les autorités, il n’y a pas de disparus, toutes les personnes ont été secourues.

Le groupe de migrants, dont les nationalités n'ont pas été précisées, comptait 14 femmes et 20 enfants.

De nombreuses tentatives de traversée ont lieu en mer Égée depuis la Turquie. Le 13 mars, une centaine de migrants avaient déjà été secourus dans un bateau en difficulté près de l'île grecque de Paros. Et au mois de décembre, un naufrage avait fait au moins 31 morts, également près de Paros. Parti des côtes occidentales turques, le canot sur lequel avaient pris place ces migrants avait pour destination l'Italie.


L'ile de Kos se trouve non loin des côtes turques. Crédit : Google maps
L'ile de Kos se trouve non loin des côtes turques. Crédit : Google maps


Le comportement des garde-côtes souvent mis en cause

En outre, les garde-côtes grecs sont largement critiqués en mer Égée. S'ils assurent de nombreux sauvetages d'embarcations en difficulté, ils sont aussi régulièrement accusés par plusieurs ONG de repousser les migrants vers les côtes turques au risque de provoquer des naufrages. De nombreux exemples ont été relayés par les médias, dont InfoMigrants.

Cet été, une Congolaise avait expliqué comment les garde-côtes grecs avaient refoulé son embarcation, mettant les passagers en danger. "Ils nous ont menacé avec leur armes (…) Ils ont tourné autour de nous, ce qui a fait de grandes vagues et du courant", avait-elle rapporté.

Au mois de mai 2021, Samuel, un autre migrant d’Afrique subsaharienne, avait raconté comment son embarcation avait, elle aussi, été refoulée vers les côtes turques. Fin 2020, Slimane, un Guinéen avait rapporté à la rédaction d'InfoMigrants comment des hommes en uniforme avaient percé le canot dans lequel il se trouvait pour l’empêcher d’atteindre les îles grecques.

Plus de 600 refoulements en mer Égée

Plus grave, selon une enquête menée par plusieurs médias européens, des garde-côtes grecs sont accusés d'avoir battu puis jeté à la mer trois migrants, sans canot ni gilet de sauvetage, en septembre dernier. Deux d'entre eux sont morts noyés suite à ce refoulement illégal.

Des faits qui font écho à d'autres accusations. Fin janvier, le ministre turc de l’Intérieur avait accusé des garde-côtes grecs d'avoir jeté à l’eau, en pleine nuit, trois migrants qui venaient d’entrer illégalement sur l’île de Chios. Deux d’entre eux avaient réussi à rejoindre la Turquie à la nage avant d'être pris en charge, mais le dernier était porté disparu.

De son côté, la Grèce a toujours fermement rejeté toutes ces accusations. L’ONG Aegean boat report a recensé 629 cas de "pushback" en mer Égée en 2021.

 

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