Le Sea Watch 4 a porté secours à une embarcation avec 88 personnes à bord, dimanche 8 mai. Crédit : Sea-Watch
Le Sea Watch 4 a porté secours à une embarcation avec 88 personnes à bord, dimanche 8 mai. Crédit : Sea-Watch

Le navire humanitaire de Médecins sans frontières a secouru environ 200 personnes au large des côtes libyennes, lundi matin. Au cours du week-end, le Sea Watch 4 et le Sea-Eye 4 avaient, eux aussi, porté assistance à 88 et 34 migrants.

Une semaine après avoir débarqué en Sicile 101 personnes secourues en mer, le Geo Barents, de Médecins sans frontières (MSF), a porté assistance, lundi 9 mai, à environ 200 personnes qui se trouvaient à bord de deux embarcations. "Tout le monde est à présent en sécurité à bord de notre navire et nous poursuivons nos recherches d’autres bateaux qui seraient en difficultés", a écrit l'ONG médicale sur Twitter.

De son côté, le Sea Watch 4 a effectué, dimanche soir, un second sauvetage, après les 57 migrants secourus mercredi. Quatre-vingt huit personnes ont, cette fois-ci, été secourues sur un canot gonflable. "Nous avons maintenant 145 passagers à bord", a indiqué l'équipage du navire humanitaire sur Twitter.

Dimanche toujours, le Sea-Eye 4, de l'ONG allemande du même nom, est lui, allé porter secours à 34 exilés, en danger dans la zone de secours maltaise. L'embarcation avait été repérée dès vendredi par la plateforme Alarm phone qui avait donné l'alerte. Le porte-conteneurs Berlin Express avait été le premier à arriver à la rencontre de l'embarcation mais n'avait pas pu lui porter secours en raison de la hauteur trop élevée de son pont principal. "Le Sea-Eye 4 a changé de cap et a récupéré, dimanche, les 34 personnes à bord du BSG BAHAMAS, qui avait entre temps secouru les personnes, le Sea-Eye 4 étant mieux équipé pour prodiguer des soins", a précisé l'ONG sur Twitter.

Par ailleurs, les autorités turques ont indiqué, vendredi, avoir pris en charge 17 migrants qui se trouvaient en mer, au large de la ville libyenne de Misrata. Le ministère turc de la Défense a indiqué que quatre exilés avaient été retrouvés inconscients et 12 autres étaient en bonne santé. Une personne, cependant, n'a pas pu être sauvée par le personnel de santé et est décédée, a rapporté le site de médias turc Daily Sabah citant des sources gouvernementales.

Intimidations des garde-côtes libyens

Lundi, MSF a rapporté sur Twitter avoir été victime d’intimidation de la part des forces libyennes à la suite de ces opérations en Méditerranée centrale. "Après le sauvetage, nous avons constaté que des garde-côtes libyens naviguaient tout près du Geo Barents", a précisé l’ONG.

Ces intimidations ne sont pas nouvelles au large de la Libye. Le 4 mai dernier, l’équipage du Sea-Eye 4 avait déjà été menacé par les garde-côtes libyens. Une vedette appartenant à ces derniers avait exhorté le navire humanitaire à quitter "le territoire libyen", avait signalé l’ONG allemande sur Twitter. Sea-Eye assure que ses équipes se trouvaient dans les eaux internationales "où les navires sont autorisés à circuler librement".

Pendant une heure, selon l'ONG, les forces libyennes ont encerclé le Sea-Eye 4, répétant leurs menaces à plusieurs reprises avant de finalement faire demi-tour.

En novembre 2021, des garde-côtes libyens avaient demandé d’un ton agressif au Sea Watch 4 de quitter la zone de sauvetage. Et menacés "d’emmener" les humanitaires en Libye.

Pratiques dangereuses

Les Libyens sont également pointés du doigt pour leur comportement dangereux lors des opérations d’interceptions de canots de migrants. Ils n’hésitent pas à faire usage de leurs armes. En février dernier, un exilé a perdu la vie en Méditerranée après avoir été visé par des tirs des garde-côtes libyens. Trois autres avaient été blessés. L’embarcation dans laquelle ils se trouvaient essayait d’échapper aux autorités, et d’être renvoyés en Libye.

Un mois plus tôt, le navire humanitaire Louise Michel avait été témoin de coups de feu tirés par les Libyens sur un migrant qui tentait de rejoindre l’ONG en sautant à l’eau. Le bateau n’a pas retrouvé l’homme visé par les tirs.

>> À (re)lire : L'ONG allemande Sea-Watch porte plainte contre Frontex

Enfin, en juillet 2021, les autorités libyennes avaient aussi fait usage de leurs armes au large de Lampedusa. La scène, filmée par l’ONG Sea-Watch depuis son avion de surveillance Seabird, montrait un bateau libyen s’approcher tout près d’une embarcation en bois, et tirer dans l’eau à balles réelles.

Malgré les critiques répétées, l’Italie, avec le soutien de l’Union européenne (UE), continue de former les garde-côtes libyens et de leur fournir des équipements. Au total, en quatre ans, 32,6 millions d’euros ont été alloués à Tripoli pour bloquer les flux migratoires vers l’Europe, d’après l’ONG Oxfam.

 

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