Des migrants débarquent aux Canaries, en janvier 2021. Crédit : Reuters
Des migrants débarquent aux Canaries, en janvier 2021. Crédit : Reuters

Un homme d’affaires de 39 ans résidant aux Baléares a été interpellé par la police espagnole pour exploitation de personnes sans-papiers. L’accusé présumé aurait forcé des migrants à travailler 68 heures par semaine comme soudeur dans son entreprise en échange d’une promesse de régularisation.

L’offre d’emploi était alléchante. Un travail de soudeur dans un entreprise espagnole pour un salaire allant de 1 500 à 2 000 euros. Mais la réalité était tout autre.

Un homme d’affaires de 39 ans résidant à Palma de Majorque, aux Baléares, a été arrêté par la police espagnole pour exploitation de sans-papiers, a indiqué la presse locale.

Promesse de régularisation

Les migrants étaient forcés de travailler 68 heures par semaine – 12 heures du lundi au vendredi et 8 heures le samedi – avec une unique pause déjeuner de 30 minutes.

Les sans-papiers exerçaient sans contrat pour un salaire de misère. Les heures supplémentaires n’étaient pas payées et une partie de l’argent promis n’était pas versée malgré les demandes répétées des travailleurs. L’homme devrait à certains exilés des sommes allant jusqu’à 2 000 euros.

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Selon les enquêteurs, l’employeur n’hésitait pas à insulter et mépriser les migrants. Les sans-papiers n’osaient pas se plaindre et se voyaient contraints de subir les brimades de leur employeur pour garder leur travail.

L’accusé présumé appâtait ses employés illégaux en leur promettant de les embaucher légalement après plusieurs mois d’activité, ouvrant la voie à une régularisation.

Le tribunal de Palma de Majorque s’est saisi de l’affaire et un procès devrait s’ouvrir prochainement.

Plus de 10 000 arrivées en Espagne cette année

L’Espagne et ses îles voient arriver des milliers de migrants qui traversent la Méditerranée ou l’Atlantique depuis les côtes marocaines. La route des Canaries - très empruntée au début des années 2000 avant un ralentissement en 2006 - a été réactivée en 2018 en raison des contrôles renforcés aux frontières du nord du Maroc.

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D'après les derniers chiffres de l'agence onusienne, plus de 10 000 migrants ont débarqué en Espagne depuis le début de l'année, dont 6 836 aux Canaries. En 2021, ils étaient au total 40 000, en grande partie en provenance du Maroc, à être arrivés par la mer dans tout le pays ainsi que dans les archipels des Baléares et des Canaries, d'après les données du ministère espagnol de l'Intérieur.

Beaucoup de ces migrants originaires d’Afrique subsaharienne se voient refuser l’asile. Pour survivre, la plupart de ceux transférés sur le continent espagnol travaillent comme vendeur ambulant ou se retrouvent exploités dans les champs de tomates ou de fraises de l’Andalousie.

 

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