Des migrants escortés par la Border Force britannique dans le port de Douvres après avoir traversé la Manche, le 1er mai 2022. Crédit : Reuters
Des migrants escortés par la Border Force britannique dans le port de Douvres après avoir traversé la Manche, le 1er mai 2022. Crédit : Reuters

En deux jours, près de 500 personnes ont réussi à traverser la Manche et ont été récupérées près des côtes anglaises par les forces britanniques. Parmi elles se trouvaient des familles avec enfants. Dans le même temps, les autorités françaises ont annoncé avoir stoppé 113 personnes qui tentaient la traversée.

Les traversées de la Manche ne faiblissent pas. Au moins 300 personnes ont été récupérées, dimanche 15 mai, par des navires des forces frontalières britanniques et les secours de la RNLI (équivalent de la SNSM française) malgré des conditions difficiles dans ce bras de mer le plus fréquenté du monde. La veille, samedi, ce sont 167 personnes qui ont aussi été récupérées en mer, dans 13 embarcations différentes.

Les exilés ont été débarqués au port de Douvres, dans le sud de l'Angleterre.

L'accord migratoire entre Londres et le Rwanda - qui prévoit d'envoyer à Kigali les migrants arrivés illégalement sur le sol britannique - n'a donc pas d'effet sur les traversées. Les exilés tentent toujours d'atteindre le sol anglais dans l'espoir d'une vie meilleure.

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Des familles aussi s'engagent dans ce dangereux périple. Dimanche, un soldat britannique âgé d'une vingtaine d'années a été aperçu sur une passerelle du port de Douvres berçant doucement un bébé qu’il tenait dans ses bras pendant que sa famille était en train de débarquer.

Tous les rescapés devraient être transférés dans le nouveau centre de Manston, un site militaire reconverti en lieu d'hébergement. Il est situé dans le Kent (sud de l'Angleterre) et remplace le centre de Tug Haven dont le bail a pris fin le 31 janvier. Les conditions de vie y avaient été décriées de nombreuses fois.

Le site de Manston permet aux autorités de vérifier l’identité des migrants qui arrivent illégalement au Royaume-Uni avant de les orienter en fonction de leur situation, dans des centres répartis sur tout le pays.

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Selon les chiffres officiels britanniques, 1 264 personnes ont fait la traversée pour le seul mois de mai 2022, affirme le quotidien britannique The Telegraph.

Plus de 100 personnes stoppées par les autorités françaises

Dans le même temps, les autorités françaises essaient, elles aussi, de freiner les départs en mer depuis le littoral. Dans la nuit de samedi à dimanche, ce sont 113 personnes qui ont été arrêtées dans la Manche. Une femme et deux enfants étaient en état d’hypothermie. 

Les gouvernements britannique et français multiplient ces derniers mois les annonces de mesures destinées à mettre un terme aux arrivées de migrants en Angleterre. Outre l'accord migratoire avec Kigali, le gouvernement de Boris Johnson a notamment fait voter une loi sur l’asile dans le pays qui durcit considérablement l’accueil des demandeurs d’asile. Côté français, Paris déploie également d’importants moyens techniques (clôtures, drones, caméras thermiques…) et humains (multiplication de patrouilles) à Calais, Wimereux, Grande-Synthe, Sangatte pour freiner les départs.

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En vain : les exilés ne reculent pas. "On va essayer de passer et, une fois là-bas, on fera tout pour ne pas aller au Rwanda", avait notamment déclaré à InfoMigrants Aladdin, un jeune Soudanais de 25 ans, le mois dernier.

Depuis le début de l’année, 8 066 migrants ont été récupérés en mer par les forces britanniques à bord de 256 petits bateaux, selon The Telegraph. C'est trois fois plus que le bilan l'année dernière à la même période.

 

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