Un corps est transféré au port d'Arguineguin, à Grande Canarie, le 13 mai 2022. Crédit : Reuters
Un corps est transféré au port d'Arguineguin, à Grande Canarie, le 13 mai 2022. Crédit : Reuters

Deux corps ont été retrouvés dimanche dans une embarcation d’une quarantaine de personnes en route vers les Canaries. Secourus par les forces marocaines au large de leurs côtes, les migrants ont affirmé que 11 autres exilés du même canot avaient disparus dans l’Atlantique lors de leur tentative de traversée. Ce nouveau drame porte à 85 le nombre de morts en seulement une semaine dans cette zone maritime.

Dans l’Atlantique, les jours se suivent et se ressemblent ces derniers temps. Selon Helena Maleno de l’association Caminando Fronteras, un nouveau drame a eu lieu dimanche 15 mai au large du Maroc.

"Pour l’amour de Dieu, nous allons tous mourir", avaient déclaré des migrants, en contact téléphonique avec la militante. En détresse près des côtes marocaines à bord d’une embarcation de fortune, ils réclamaient l’aide des autorités. "Des moyens sont nécessaires pour les localiser et éviter un drame majeur", avait alerté Helena Maleno sur Twitter dans l’après-midi.

Dans la soirée, elle a finalement précisé sur sa page Facebook que ce canot de 46 migrants avait été secouru par la marine royale marocaine. Mais lors de cette opération, deux corps ont été retrouvés dans le bateau. Les rescapés ont par ailleurs affirmé que 11 personnes avaient disparu lors de leur tentative de traversée.

Les exilés avaient quitté Tan-Tan, une ville au sud du Maroc, quelques jours plus tôt dans l’espoir de rejoindre les Canaries.

Ce nouveau drame n’est que le dernier d’une série de naufrage survenus ces derniers jours au large de l’archipel espagnol. Depuis une semaine, au moins 85 personnes ont perdu la vie dans l’Atlantique. Dimanche 15 mai, 44 migrants avaient péri en tentant d’atteindre les côtes espagnoles et 28 autres la nuit suivante.

85 morts en une semaine

Si la distance qui sépare les côtes marocaines de l'archipel espagnol n'est que d'une centaine de kilomètres, la traversée de l'Atlantique n'est pas sans risques. Les forts courants, les vents violents et les canots surchargés en mauvais état qu'utilisent les exilés rendent la route extrêmement dangereuse.


Le Maroc ne se trouve qu'à une centaine de kilomètres des Canaries. Crédit : Google maps
Le Maroc ne se trouve qu'à une centaine de kilomètres des Canaries. Crédit : Google maps


Depuis le début de l'année, plus de 200 personnes sont mortes dans l'Atlantique, d'après les chiffres de l'Organisation internationale des migrations (OIM). L'an dernier, ils étaient plus de 4 000 à décéder dans cette zone maritime d'après un bilan dressé par Caminando Fronteras grâce aux appels de migrants ou de leurs proches sur ses numéros d'urgence.

Ces derniers jours, une hausse des départs a été observée depuis les côtes du sud du Maroc. Selon les témoignages recueillis par InfoMigrants dans la ville de Laayoune, cette recrudescence s’explique par l'arrivée des beaux jours mais aussi une vague d’arrestations de migrants dans le Sahara occidental.

>> À (re)lire : Canaries : 226 migrants débarqués en 24 heures

Les autorités marocaines renvoient les exilés vers le nord du pays pour les éloigner les côtes et ainsi réduire les tentatives de départs. Ceux qui échappent aux contrôles tentent de prendre la mer au plus vite pour éviter d’être transférés vers d’autres régions du royaume.

Ces opérations des forces marocaines coïncident avec la reprise et le renforcement de la coopération en matière migratoire entre Rabat et Madrid. Les réunions entre les deux pays se multiplient ces dernières semaines, après des mois de tensions diplomatiques.

La dernière rencontre remonte au vendredi 6 mai. Les deux États ont convenu de nouvelles "modalités de travail commun" entre policiers, officiers de liaisons et patrouilles mixtes dans le but d'empêcher les départs d'embarcations, selon un communiqué conjoint.

 

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