Les migrants en détresse dans des embarcations de fortune peuvent être escortés par les autorités italiennes jusqu'au port le plus proche. Crédit : Ansa
Les migrants en détresse dans des embarcations de fortune peuvent être escortés par les autorités italiennes jusqu'au port le plus proche. Crédit : Ansa

Une embarcation partie de Libye avec 450 exilés a atteint tôt ce mardi matin Pozzallo, en Sicile. Face à l'augmentation des arrivées, le maire de la ville réclame "une force militaire européenne".

Au petit matin, mardi 17 mai, 450 personnes ont débarqué sur la côte sicilienne. Le bateau de pêche dans lequel ils avaient pris place a été escorté, sur quelques kilomètres, par la Guardia di Finanza et l'Autorité portuaire jusqu’au port de Pozzallo. Immédiatement après l’arrivée des passagers, le maire de la ville Roberto Ammatuna a fait savoir que "le dispositif d'accueil" avait été "mis en route".

L’embarcation avait été signalée la veille au soir à environ 55 kilomètres de Portopalo, dans la région de Syracuse. La plateforme d'aide au migrants Alarm Phone avait donné l’alerte. Le bateau, parti de Tobrouk, en Libye, était en détresse dans les eaux maltaises. "Ils ont des problèmes de moteur, certaines personnes sont malades, ils n'ont ni nourriture ni eau", avait déploré le collectif sur Twitter.

Si les passagers seront bien pris en charge dans les structures de la ville de Pozzallo, ces nouvelles arrivées inquiètent tout de même Roberto Ammatuna. "Avec l'été qui approche, il est probable que ce type de débarquements autonomes s'intensifiera. La présence en Méditerranée d'une force militaire européenne est désormais inévitable, a-t-il appelé. Le sauvetage de milliers de vies humaines ne peut pas seulement être l'apanage de certaines ONG".

La veille, dans l’après-midi, 78 migrants originaires du Moyen-Orient ont débarqué à un peu moins d’une centaine de kilomètres de là, dans le port de commerce d'Augusta. Ils avaient été secourus en mer par un patrouilleur de l'Autorité portuaire alors qu'ils tentaient de rejoindre les côtes italiennes à bord d'un voilier, indique Live Sicilia.

"Gérer l’urgence"

Ces derniers jours, les débarquements se font plus nombreux en Italie. Dimanche 15 mai, plus de 250 personnes en provenance de Libye sont arrivées dans une autre île italienne de la Méditerranée, à Lampedusa. La veille, deux bateaux avaient déjà accosté sur l’île, portant à 937 le nombre d'exilés arrivés depuis la Libye et la Tunisie, entre le 10 et le 14 mai. D’après le journal La Stampa, le seul hotspot de l’île situé dans le district d'Imbriacola accueille aujourd’hui près de 1 000 personnes, pour une capacité de 250 places. Certains d'entre eux pourraient d'ailleurs être transférées en Sicile.

>> À (re)lire : En Méditerranée, les arrivées de migrants toujours nombreuses sur les côtes italiennes

Les îles italiennes sont les points d’entrée principaux des migrants partis de Libye ou de Tunisie vers l’Europe. Mais depuis le début de l’année, les arrivées sont également en hausse dans le sud du pays, dans les Pouilles et en Calabre notamment. Dans ces régions, les exilés, partis de Turquie, arrivent sur les côtes après plusieurs jours en mer à bord de voiliers.

Dimanche 15 mai, 243 personnes ont débarqué à Locri, sur la côte est de cette région. Le maire de Roccella Jonica, Vittorio Zito, a appelé la ministre de l’Intérieur Luciana Lamorgese à "venir sur place" pour "se rendre compte" de la situation et "activer tous les outils réglementaires pour gérer l'urgence des migrants".


Les exilés arrivent en Italie par la Sicile et Lampedusa, mais aussi via les Pouilles et la Calabre, dans le sud du pays. Crédit : Google maps
Les exilés arrivent en Italie par la Sicile et Lampedusa, mais aussi via les Pouilles et la Calabre, dans le sud du pays. Crédit : Google maps


D’après les autorités, 14 764 personnes ont débarqué en Italie depuis le début de l'année, contre 13 168 à la même période, l’année dernière. Plus de 4 000 exilés sont arrivés en mai, et 2 101 au cours des quatre derniers jours. Environ 17% des exilés sont originaires d’Égypte, 15% du Bangladesh, 11% de Tunisie, 8% d’Afghanistan et 6% de Syrie. Auxquels s’ajoutent des ressortissants ivoiriens (5%), érythréens (3%), guinéens (3%), iraniens et soudanais (2%).

 

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