Une opération de sauvetage réalisée par MSF, en mai 2022. Image d'illustration. Crédit : Anna Pantelia / MSF
Une opération de sauvetage réalisée par MSF, en mai 2022. Image d'illustration. Crédit : Anna Pantelia / MSF

Après 7 jours en mer, les 470 rescapés du Geo Barents vont pouvoir débarquer à Augusta, en Italie. L’annonce a donné lieu, mercredi, à des scènes de liesse sur le navire humanitaire de Médecins sans frontières. Les exilés à bord ont été secourus au cours de sept sauvetages dans les zones de sauvetage libyenne et maltaise.

Des cris de joie fusent sur le pont du Geo Barents. Après 7 jours en mer, l’équipage du navire affrété par Médecins sans frontières (MSF) et les 470 rescapés à bord ont obtenu, mercredi 18 mai, l’autorisation d’accoster dans le port d’Augusta, en Sicile.

L'ONG médicale communiquait depuis plusieurs jours sur la situation qui devenait de plus en plus tendue. "La plupart des rescapés à bord du Geo Barents ont subi des violences physiques sous diverses formes. Quatre ont embarqué pour la traversée avec des os fracturés, résultat de blessures infligées pendant leur séjour en Libye", a indiqué MSF.

Le navire humanitaire avait secouru ces 470 exilés au cours de sept opérations de sauvetage, entre le 9 et le 12 mai, dans les zones de recherche et sauvetage libyenne et maltaise, en Méditerranée centrale. Plusieurs de ces opérations ont été réalisées avec le soutien de l’ONG Pilotes volontaires, dont le petit avion survole la mer à la recherche de canots en détresse.

"Inaction des autorités maltaises"

"Nous avons été une nouvelle fois consternés par l'inaction des autorités maltaises et italiennes […] Les forces armées maltaises, qui sont les premières responsables des sauvetages dans la zone de recherche et de sauvetage maltaise, ont été informées en même temps que nous, mais elles sont restées silencieuses et inactives, négligeant leur obligation légale de fournir ou de coordonner une assistance. Elles ont également ignoré notre demande de port de sécurité", a déclaré Juan Matias Gil, chef de mission MSF en Méditerranée centrale.

Les tentatives de traversée de la Méditerranée sont très nombreuses actuellement depuis la Libye, la Tunisie, le Maroc ou encore l’Algérie en raison des températures plus chaudes mais aussi des situations politiques et économiques qui se dégradent dans les pays de départ.

>> À (re)lire : En Méditerranée, les arrivées de migrants toujours nombreuses sur les côtes italiennes

La Méditerranée centrale reste une des routes migratoires les plus meurtrières au monde. Depuis le début de l’année, au moins 572 migrants ont péri en Méditerranée centrale en tentant de rejoindre l’Europe sur des embarcations de fortune, d’après les chiffres de l’Organisation internationale des migrations (OIM). L’an dernier, ce chiffre s’élevait à 2 048. Et au total depuis 2014, ce sont près de 24 000 personnes qui sont mortes ou ont disparues en mer.

La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires (Ocean Viking, Sea Watch, Mare Jonio...) sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde.

 

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